Les forces sociales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu appellent au report du deuxième recensement général de la population en République démocratique du Congo. Elles estiment que les conditions actuelles ne permettent pas de garantir la fiabilité et la bonne réalisation de cette opération. Parmi les principales difficultés évoquées figurent l’identification des personnes déplacées et des réfugiés, ainsi que les problèmes de coordination dans les zones actuellement administrées par l’AFC/M23.
Pour les acteurs de la société civile, la question du recensement ne peut être dissociée du contexte sécuritaire et politique qui prévaut dans certaines parties de l’Est du pays. Me Mick Mutiki, président du Cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu, estime qu’un dialogue global et inclusif devrait être privilégié avant le lancement de cette opération nationale.
« Nous pensons que les conditions ne sont pas encore réunies pour organiser correctement ce deuxième recensement général de la population. Dans plusieurs zones de l’Est du pays, la situation sécuritaire et administrative pose encore des difficultés. Il y a notamment la question des personnes déplacées et des réfugiés qu’il faudra pouvoir identifier correctement, mais aussi celle de la coordination dans les zones qui échappent actuellement au contrôle de l’administration centrale. Si nous voulons obtenir des données fiables, il faut d’abord créer les conditions nécessaires pour que toutes les catégories de la population puissent être prises en compte », explique Me Mick Mutiki, président du Cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu.
Les forces sociales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu souhaitent ainsi que les autorités prennent en considération ces préoccupations avant de poursuivre le processus. Elles plaident pour une approche permettant d’assurer une participation aussi large que possible de la population et une meilleure prise en compte des réalités des territoires affectés par les déplacements et les conflits.
« Notre proposition est que la priorité soit donnée à un dialogue global et inclusif. Il faut que les différentes parties prenantes puissent discuter des conditions à réunir avant d’engager une opération d’une telle importance. Le recensement doit concerner l’ensemble de la population et produire des résultats crédibles. Nous demandons donc que cette opération soit reportée jusqu’à ce que les conditions sécuritaires, administratives et politiques permettent sa réalisation dans de bonnes conditions et avec la participation de tous », ajoute Me Mick Mutiki.
La société civile estime que ce report permettrait de mieux préparer l’opération et de rechercher un consensus sur les conditions de sa mise en œuvre, particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu confrontées aux conséquences des conflits et des déplacements de populations.
Eugide Abalawi, à Goma