Alors que les discussions autour d'un dialogue national continuent d'alimenter le débat politique en République démocratique du Congo, de nouvelles voix appellent les différents acteurs à placer la recherche de la paix au cœur des négociations. Pour le docteur Joseph Baraka, directeur de l'Institut Patrice Emery Lumumba, aucun processus de dialogue ne pourra produire des résultats durables s'il ne repose pas sur le respect des textes, des engagements pris par les parties et la prise en compte des souffrances des populations affectées par les conflits armés.
Intervenant sur les enjeux du dialogue annoncé en RDC, le Dr Joseph Baraka estime que les intérêts politiques ne devraient pas prendre le pas sur les aspirations profondes des Congolais, particulièrement ceux qui vivent dans les provinces confrontées depuis plusieurs années à l'insécurité, aux déplacements de populations et aux crises humanitaires.
Selon lui, la priorité doit être accordée au retour de la paix, à la restauration de l'autorité de l'État et au respect des principes démocratiques afin de créer un climat favorable à une réconciliation nationale véritable.
« La paix doit constituer le principal objectif de toutes les discussions. Les textes existent, les engagements aussi. Ce qui manque souvent, c'est la volonté de les appliquer avec sincérité. Les populations qui vivent dans les zones en conflit attendent des solutions concrètes et non des calculs politiques. Les acteurs doivent placer l'intérêt supérieur de la nation au-dessus des ambitions individuelles ou partisanes », a déclaré le docteur Joseph Baraka.
Le directeur de l'Institut Patrice Emery Lumumba rappelle que les différentes initiatives de dialogue engagées dans l'histoire politique de la République démocratique du Congo n'ont produit des résultats que lorsque les parties ont accepté de privilégier le compromis, le respect des accords conclus et la recherche du bien commun.
Il estime que la réussite du dialogue dépendra également de la capacité des participants à écouter les préoccupations des populations les plus affectées par les conflits, notamment celles de l'Est du pays où les violences continuent d'avoir de lourdes conséquences humanitaires.
« Le dialogue doit être sincère, inclusif et orienté vers des solutions durables. J'invite le pouvoir, l'opposition, la société civile, les leaders communautaires et toutes les parties concernées à privilégier la paix plutôt que les intérêts particuliers. Les Congolais attendent des décisions capables de mettre fin aux violences, de restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens, et d'ouvrir une nouvelle page pour notre pays », a insisté le Dr Joseph Baraka.
Pour cet universitaire, la stabilité politique ne peut être durable sans une amélioration de la situation sécuritaire et sans un engagement collectif en faveur de la cohésion nationale. Il appelle ainsi l'ensemble des acteurs impliqués dans le processus de dialogue à faire preuve de responsabilité afin que les discussions débouchent sur des mesures concrètes répondant aux attentes de la population.
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l'Est de la RDC, le Dr Joseph Baraka considère que le dialogue constitue une opportunité importante, à condition qu'il place les préoccupations des citoyens au premier plan et qu'il respecte les principes de justice, de responsabilité et de paix durable.
Eugide Abalawi depuis le Sud-Kivu