RDC : L'analyste Kabambi Kananga défend la prise de position des évêques de la CENCO sur le débat constitutionnel

RDC : L'analyste Kabambi Kananga défend la prise de position des évêques de la CENCO sur le débat constitutionnel

G

Ghislain Lukambo

100 0

Les réactions continuent de se multiplier après la déclaration de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sur un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo. Alors que certains accusent l'Église catholique de s'immiscer dans le débat politique, l'analyste indépendant Kabambi Kananga estime, au contraire, que les évêques n'ont fait qu'exercer leur responsabilité citoyenne et leur mission pastorale.

La récente prise de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo continue d'alimenter les discussions au sein de l'opinion publique. Pour l'analyste indépendant Kabambi Kananga, les critiques adressées aux évêques sont infondées. Il rappelle que les membres de l'épiscopat sont avant tout des citoyens congolais, jouissant des mêmes droits et libertés que l'ensemble de la population, notamment celui de s'exprimer sur les grandes questions qui engagent l'avenir de la Nation. Selon lui, intervenir dans le débat sur une éventuelle révision de la Constitution ne constitue pas une ingérence dans la vie politique, mais relève de l'exercice normal de la liberté d'expression et de la responsabilité citoyenne.

« Les évêques sont d'abord des citoyens congolais avant d'être des responsables religieux. À ce titre, ils disposent du droit de donner leur point de vue sur toutes les questions d'intérêt national. Lorsqu'ils prennent la parole sur la Constitution ou sur la gouvernance, ils n'usurpent aucun rôle. Ils exercent un droit garanti par la Constitution elle-même. Dans une démocratie, aucune catégorie de citoyens ne peut être privée de la possibilité de contribuer au débat public. L'Église fait partie intégrante de la société et ne peut rester indifférente lorsqu'elle estime que certaines orientations méritent d'être discutées ou interrogées », explique Kabambi Kananga.

Poursuivant son analyse, notre interlocuteur rappelle que la mission de l'Église catholique ne se limite pas uniquement à l'annonce de l'Évangile. Elle comporte également une dimension prophétique qui consiste à défendre les valeurs de justice, de paix, de dignité humaine et de bonne gouvernance. Selon lui, lorsque les évêques dénoncent des situations qu'ils considèrent préoccupantes, ils accomplissent une mission qui fait partie intégrante de leur vocation pastorale. Il estime ainsi que garder le silence face à des questions susceptibles d'influencer l'avenir du pays serait contraire au rôle historique que l'Église a toujours joué dans la société congolaise.

« La mission prophétique de l'Église consiste aussi à interpeller les dirigeants et à éclairer la conscience des citoyens lorsque l'intérêt général est en jeu. Les évêques ne cherchent pas à gouverner le pays ni à remplacer les institutions de la République. Ils rappellent simplement des principes éthiques et moraux qui doivent guider toute action publique. Il ne faut donc pas interpréter chacune de leurs déclarations comme un acte politique partisan. Leur rôle est d'appeler au dialogue, à la justice, à la paix sociale et au respect des valeurs démocratiques », poursuit l'analyste.

Kabambi Kananga revient également sur les commentaires faisant état de prétendues divergences au sein de l'Église catholique, certains observateurs ayant relevé que tous les évêques ou prêtres n'ont pas signé la déclaration de la CENCO. Il explique que cette situation relève du fonctionnement normal de la Conférence épiscopale, où les échanges internes se déroulent dans un esprit démocratique, chaque évêque conservant sa liberté d'expression sans remettre en cause les décisions institutionnelles.

En conclusion, l'analyste invite l'ensemble des acteurs politiques, religieux et sociaux à privilégier un débat apaisé autour de la Constitution, fondé sur l'échange d'idées, le respect mutuel et l'intérêt supérieur de la Nation, estimant que la diversité des opinions constitue l'un des fondements essentiels de toute démocratie.

Tags : # Actualité

Articles similaires