RDC : la loi sur l’organisation du référendum définitivement adoptée, le débat politique s’intensifie

RDC : la loi sur l’organisation du référendum définitivement adoptée, le débat politique s’intensifie

Entre mécanisme démocratique et craintes de révision constitutionnelle, un analyste politique appelle à une compréhension apaisée du processus référendaire

G

Ghislain Lukambo

46 1

La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans son processus institutionnel. Le Parlement congolais a définitivement adopté la loi fixant les conditions d’organisation du référendum en RDC. Déjà validé par l’Assemblée nationale le 9 juin dernier, le texte a été approuvé à l’unanimité par le Sénat le 15 juin 2026 avant d’être transmis au président de la République, Félix Tshisekedi, pour promulgation.

Cette adoption intervient dans un contexte politique marqué par de vifs débats entre la majorité et l’opposition. Alors que le pouvoir présente cette loi comme un simple instrument démocratique permettant de consulter directement le peuple sur des questions d’intérêt national, une partie de l’opposition y voit un risque de remise en cause de certains acquis constitutionnels et parle d’un « coup d’État constitutionnel ».

Interrogé par la RTÉE KIVU, l’analyste politique Alemba Kambale Muhingu estime que le référendum constitue avant tout un exercice démocratique reconnu dans les systèmes politiques modernes. Selon lui, la consultation populaire est un moyen de renforcer la participation citoyenne à la gestion des affaires publiques.

« Le référendum est l’un des instruments les plus importants de la démocratie participative. Il permet au peuple, détenteur de la souveraineté nationale, de se prononcer directement sur certaines questions fondamentales concernant l’avenir de la nation. Dans un État démocratique, il est normal que les citoyens soient consultés sur des sujets d’intérêt national. Il ne faut donc pas considérer le référendum comme un mécanisme en soi dangereux ou illégitime. Au contraire, lorsqu’il est organisé dans le respect de la Constitution, de la transparence et des principes démocratiques, il contribue à renforcer l’expression de la volonté populaire et à consolider la légitimité des institutions », explique l’analyste.

Toutefois, Alemba Kambale Muhingu appelle la population congolaise à éviter les réactions de rejet systématique et à privilégier une lecture juridique et rationnelle du processus. Il rappelle néanmoins que la Constitution congolaise comporte des dispositions dites « verrouillées » qui ne peuvent faire l’objet d’aucune modification.

« La population ne doit pas s’opposer de manière catégorique au principe du référendum parce qu’il s’agit d’un mécanisme prévu par la Constitution elle-même. Cependant, il est également important que les Congolais connaissent les limites fixées par le texte fondamental. Certains articles ne peuvent être ni révisés ni soumis à une quelconque remise en question, notamment ceux relatifs à la forme républicaine de l’État, au pluralisme politique et au nombre ainsi qu’à la durée des mandats du président de la République. Ces dispositions constituent des garanties de stabilité institutionnelle et de préservation de l’ordre constitutionnel. Le débat doit donc se mener dans le respect du droit et avec une bonne compréhension des mécanismes constitutionnels », précise-t-il.

L’adoption de cette loi référendaire ouvre désormais une nouvelle séquence politique en RDC. En attendant sa promulgation par le chef de l’État, le débat continue de diviser la classe politique et l’opinion publique, entre ceux qui y voient une opportunité de renforcer la démocratie participative et ceux qui craignent une éventuelle révision de certaines dispositions jugées intangibles de la Constitution.

BABACAR VIKWA

Tags : # Actualité

Articles similaires