346 voix pour, aucune voix contre, une abstention. L'Assemblée nationale a adopté la loi fixant les conditions d'organisation du référendum en République démocratique du Congo. Le vote est intervenu ce vendredi 23 octobre 2026, après la reformulation de 13 articles pour tenir compte des observations de la Cour constitutionnelle, selon le communiqué de la Chambre basse. Le texte a recueilli 346 voix favorables sur les 347 députés ayant pris part au scrutin.
Cette adoption ne fait pas l'unanimité dans la classe politique. Elle suscite des inquiétudes dans certains milieux, notamment sur les conditions d'organisation d'un éventuel référendum, dans un contexte sécuritaire, politique et sanitaire moins rassurant.
Kiza Omer, acteur politique et chercheur en relations internationales, critique la démarche du pouvoir en place. Il estime que se dessine une volonté d'organiser un référendum à marche forcée, alors que le pays reste confronté à la guerre, en particulier dans sa partie orientale.
« À mon sens, on voit se dessiner une volonté d'organiser un référendum à marche forcée, alors que le pays reste confronté à la guerre, notamment dans sa partie orientale. Les conditions ne sont pas réunies pour un processus qui exige la participation de tous les Congolais. Il faut d'abord rétablir la paix avant de consulter le peuple », a déclaré Kiza Omer, acteur politique et chercheur en relations internationales.
Pour lui, une telle démarche pourrait avoir des conséquences sur la légitimité du processus politique, dans un contexte où une partie du territoire national échappe au contrôle effectif des autorités.
« Dans un contexte où une partie du territoire national échappe au contrôle effectif des autorités, le processus risque de souffrir d'un déficit de légitimité. Les populations des zones concernées ne pourront pas participer dans de bonnes conditions, et cela pose un vrai problème pour la crédibilité du scrutin », a-t-il ajouté.
Au-delà du vote parlementaire, les conditions d'organisation d'un éventuel référendum et les garanties permettant d'assurer la participation des populations concernées restent des questions majeures dans le débat politique congolais.
Degusto Muhindo, à Butembo