L’ancien Directeur général de la Régie des Voies Aériennes (Régie des Voies Aériennes), Shungu Mahungu Alphonse, initialement accusé de mauvaise gestion, vient d’être innocenté par la Cour des comptes de la RDC. L’arrêt de cette juridiction financière intervient trois ans après sa mise en accusation, clôturant ainsi un dossier qui avait suscité de nombreuses réactions dans les milieux administratifs et économiques.
Selon les éléments rendus publics, la Cour des comptes a estimé que les charges retenues contre l’ancien dirigeant ne reposaient pas sur des preuves suffisantes de gestion fautive, levant ainsi toute responsabilité financière à sa charge. Cette décision est perçue par plusieurs observateurs comme un signal important sur la rigueur des procédures de contrôle des finances publiques en RDC.
Dans la foulée de cette décision, un expert en communication financière et consultant au ministère du Plan a salué l’arrêt, tout en appelant à une réforme structurelle du suivi des performances des gestionnaires publics. Il propose la création d’un mécanisme d’évaluation périodique à mi-parcours des mandats des dirigeants des entreprises publiques, afin d’éviter les longues procédures judiciaires et les suspicions prolongées.
Il a déclaré au micro de notre reporter :
« L’innocentation de Monsieur Shungu Mahungu Alphonse par la Cour des comptes montre à quel point il est nécessaire de renforcer les mécanismes de gouvernance dans nos entreprises publiques. Nous devons aller vers un système d’évaluation à mi-parcours des mandataires de l’État, qui permettrait de corriger les insuffisances en temps réel, plutôt que d’attendre la fin des mandats ou des contentieux judiciaires longs et coûteux. La RDC a besoin d’une culture de performance et de redevabilité continue. »
Poursuivant son analyse, le même expert insiste sur la nécessité d’une structure indépendante chargée du suivi régulier des performances, qu’il propose de confier à des profils expérimentés disposant d’une expertise internationale :
« L’État congolais gagnerait à mettre en place une structure spécialisée chargée d’évaluer périodiquement les mandataires publics à mi-parcours de leurs fonctions. Ce travail d’amélioration de la qualité de gestion pourrait être confié à des experts confirmés, notamment à des profils comme celui de Monsieur Shungu Mahungu Alphonse, qui a eu une longue expérience internationale, notamment comme ancien Conseiller économique au ministère de l’Économie du Royaume de Belgique pendant 18 ans. Il s’agit de transformer l’expérience en capital institutionnel au service du pays. »
À Kindu, le débat continue autour de cette décision de la Cour des comptes et des propositions de réforme de la gouvernance publique. Notre permanent sur place, ENZAL BALEWE, rapporte que cette affaire relance la discussion sur la transparence, la responsabilité et l’efficacité dans la gestion des entreprises de l’État en République démocratique du Congo.