La coalition C64 rejette toute perspective d’un troisième mandat présidentiel en République démocratique du Congo, tout report des élections prévues en 2028 ainsi que toute conquête du pouvoir par les armes. À l’issue de son conclave organisé ce mardi à Rome, en Italie, cette plateforme politique appelle à l’ouverture d’un dialogue national inclusif pour rechercher une issue à la crise politique et sécuritaire qui secoue le pays. La déclaration finale a été lue par Delly Sesanga Hipungu.
La coalition articule sa position autour de trois lignes rouges : le respect des limites constitutionnelles des mandats présidentiels, le maintien de l’échéance électorale de 2028 et le rejet de toute prise du pouvoir par la force. À travers ces exigences, la C64 affirme vouloir privilégier une solution politique à la crise congolaise, tout en mettant en garde contre les initiatives susceptibles de fragiliser davantage les institutions et le processus démocratique.
Sur la question du mandat présidentiel, la plateforme s’oppose à toute démarche qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Elle rejette également toute tentative de report des élections prévues en 2028, estimant que le respect du calendrier électoral constitue un enjeu central pour la stabilité institutionnelle du pays.
« Notre position repose sur des principes que nous considérons comme essentiels pour l’avenir démocratique de la République démocratique du Congo : le respect de la Constitution, la tenue des élections dans les délais prévus et le refus de toute prise du pouvoir par les armes. Nous rejetons toute perspective d’un troisième mandat présidentiel ainsi que toute tentative de report des élections de 2028. La stabilité du pays doit passer par le respect des règles institutionnelles et par la recherche de solutions politiques conformes aux principes démocratiques. »
Au-delà de la question électorale, la C64 condamne le recours à la force armée pour accéder au pouvoir. Dans un contexte marqué par des violences et une insécurité persistante dans plusieurs régions du pays, la coalition estime qu’une solution militaire ne saurait, à elle seule, résoudre durablement les problèmes politiques de la RDC. La plateforme plaide plutôt pour un dialogue national inclusif réunissant les différentes forces politiques et sociales du pays, sans exclusion. Cette démarche devrait, selon son orientation, permettre aux acteurs concernés d’aborder les causes profondes de la crise, de rechercher des compromis et de définir des pistes de sortie de crise.
« Nous considérons que la prise du pouvoir par les armes ne peut constituer une solution durable aux difficultés que traverse notre pays. La République démocratique du Congo a besoin d’un cadre de concertation dans lequel les forces politiques et sociales pourront exprimer leurs préoccupations et rechercher des réponses communes. Nous appelons donc à un dialogue national véritablement inclusif, ouvert à toutes les parties concernées, afin de privilégier la voie politique et de créer les conditions d’une sortie de crise durable. »
Dans cette perspective, la coalition C64 annonce son intention de rencontrer séparément le président Félix Tshisekedi et l’ancien chef de l’État Joseph Kabila. Ces consultations envisagées visent à échanger avec les deux figures majeures de la vie politique congolaise sur les possibilités de désamorcer les tensions et de parvenir à une solution négociée. L’annonce de ces rencontres constitue un volet important des conclusions du conclave de Rome. Toutefois, les éléments communiqués ne précisent pas encore le calendrier de ces consultations ni les modalités selon lesquelles elles pourraient être organisées. Leur tenue effective et les réponses des personnalités concernées restent donc attendues.
En mettant en avant le dialogue national, la coalition entend défendre une approche politique de la crise, tout en maintenant ses exigences concernant le mandat présidentiel, le calendrier électoral et le rejet de la violence armée. Reste à déterminer si les consultations annoncées pourront favoriser un rapprochement entre les principaux acteurs et ouvrir la voie à un dialogue susceptible de répondre aux préoccupations politiques et sécuritaires du pays.
Degusto Muhindo