RDC : le président national du parti politique NC, Me Isaac Mutanga soutient l'initiative de la coalition C64 qui annonce une marche nationale contre toute tentative de troisième mandat

RDC : le président national du parti politique NC, Me Isaac Mutanga soutient l'initiative de la coalition C64 qui annonce une marche nationale contre toute tentative de troisième mandat

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Ghislain Lukambo

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La mobilisation politique autour de la question du mandat présidentiel reprend de l’ampleur en République démocratique du Congo. La Coalition Article 64, plateforme regroupant plusieurs forces de l’opposition, annonce une nouvelle marche pacifique sur l’ensemble du territoire national pour le 15 septembre 2026, à l’occasion de la rentrée parlementaire. À Kinshasa, les manifestants devraient converger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement. Cette annonce intervient dans un contexte de débat autour de la réforme du cadre référendaire et des initiatives constitutionnelles, alors que plusieurs acteurs de l’opposition réaffirment leur rejet de toute modification qui pourrait, selon eux, ouvrir la voie à un troisième mandat consécutif du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Dans un communiqué publié le 15 août, la Coalition Article 64, qui rassemble notamment Martin Fayulu de l’ECiDé, Jean-Marc Kabund de l’A.Ch, Moïse Katumbi d’Ensemble, Augustin Matata du LGD et Delly Sesanga de l’Envol, appelle ainsi ses sympathisants et les citoyens à reprendre la mobilisation. La plateforme réagit notamment au renvoi au Parlement de la loi portant organisation du référendum, après les réserves formulées par la Cour constitutionnelle. Pour cette coalition, la question du respect de l’ordre constitutionnel demeure au centre du combat politique.

Au sein du parti centriste Nouveau Congo, son président national, Maître KATSUVA MUTANGA Isaac, affirme que l’orientation de sa formation politique repose notamment sur l’article 64 de la Constitution congolaise. Il considère que cette disposition confère aux citoyens un rôle dans la défense de l’ordre constitutionnel et justifie, selon son interprétation, le soutien aux actions visant à empêcher une éventuelle violation des règles constitutionnelles relatives au mandat présidentiel.

« Pour nous, tout se résume autour de l’article 64 de la Constitution de la République démocratique du Congo. Cette disposition donne aux citoyens congolais des prérogatives lorsqu’il s’agit de faire échec à toute personne qui veut exercer le pouvoir en violation de la Constitution. C’est dans cette logique que le Nouveau Congo soutient toute action pacifique et citoyenne qui viserait à empêcher le président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat consécutif, si une telle démarche devait être contraire aux dispositions constitutionnelles. Nous estimons que la Constitution doit rester la référence pour tous, y compris pour ceux qui exercent les plus hautes fonctions de l’État. La défense de l’ordre constitutionnel ne doit donc pas être considérée comme une affaire réservée aux seuls partis politiques : c’est une responsabilité qui concerne l’ensemble des Congolais. »

La question du dialogue national annoncé par les autorités s’invite également dans cette séquence politique. Alors que l’idée d’un dialogue inclusif est évoquée depuis plusieurs semaines, le Nouveau Congo estime que l’organisation de ces assises relève des prérogatives du chef de l’État en sa qualité de garant du fonctionnement régulier des institutions. Mais le parti prévient que le retard dans la convocation de ce dialogue pourrait, selon lui, avoir des conséquences sur la stabilité institutionnelle du pays.

« En ce qui concerne le dialogue inclusif annoncé en République démocratique du Congo, nous considérons que le garant de la nation dispose des prérogatives nécessaires pour convoquer et organiser ces assises. Mais il faut maintenant passer des annonces aux actes. Si le président de la République retarde davantage l’ouverture de ce dialogue qui a été annoncé tambour battant, il devra également assumer les conséquences politiques de cette situation. Nous estimons qu’un dialogue véritablement inclusif peut permettre de prévenir certaines tensions et de rechercher des solutions aux problèmes qui divisent aujourd’hui notre pays. Si, au contraire, le processus est continuellement reporté alors que les revendications politiques et sociales persistent, le chef de l’État risque lui-même d’être considéré comme l’un des responsables de l’instabilité institutionnelle qui pourrait en découler. Nous appelons donc à l’ouverture rapide d’un dialogue crédible, inclusif et capable de permettre aux différentes forces du pays de confronter leurs points de vue dans un cadre pacifique. »

À l’approche de la session parlementaire de septembre, la Coalition Article 64 entend donc maintenir la pression politique et citoyenne. La marche annoncée pour le 15 septembre devrait constituer un nouveau test pour cette plateforme de l’opposition, qui entend mobiliser ses structures dans les différentes provinces du pays.

L’ampleur effective de cette mobilisation, son déroulement et la réaction des autorités seront particulièrement suivis, notamment à Kinshasa où les manifestants sont appelés à converger vers le Palais du Peuple. Le débat devrait également se poursuivre au Parlement autour du cadre légal du référendum, tandis que les différentes forces politiques continuent de s’opposer sur la question de l’évolution de la Constitution et du futur de la présidence de la République.

Reportage : Degusto Muhindo et Ghislain Lukambo.

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