RDC : la C64 salue le transfèrement de Minaku et Shadary, mais maintient la pression avant l’ultimatum du 15 août

RDC : la C64 salue le transfèrement de Minaku et Shadary, mais maintient la pression avant l’ultimatum du 15 août

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Ghislain Lukambo

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La Coalition Article 64, C64, salue deux décisions qu’elle considère comme des signes d’apaisement dans le climat politique tendu en République démocratique du Congo, tout en maintenant la pression sur le pouvoir. Dans une réaction rendue publique le 8 août 2026, cette plateforme politique et citoyenne a pris acte du transfèrement d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Ramazani Shadary devant l’auditorat militaire, après plus de 200 jours de détention qu’elle qualifie de « clandestine ». La C64 salue également la restitution du passeport de l’opposant Olivier Kamitatu, intervenue le 7 août à Bruxelles. Malgré ces évolutions, la coalition maintient son ultimatum fixé au 15 août et continue d’exiger la convocation d’un véritable dialogue national.

Le transfèrement d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Ramazani Shadary constitue, selon la C64, une première évolution dans le dossier judiciaire de ces deux cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, PPRD.

Arrêtés respectivement entre décembre 2025 et janvier 2026, les deux responsables politiques étaient détenus sans avoir, selon la C64, été présentés devant un juge. Leur transfèrement, effectué le 6 août devant l’auditorat général des Forces armées de la République démocratique du Congo, FARDC, marque désormais leur entrée dans une phase judiciaire.

Pour la C64, cette évolution constitue certes un signal positif, mais elle reste insuffisante. La coalition exige que les deux responsables soient désormais présentés devant leur « juge naturel », conformément aux principes d’un procès équitable et au respect des droits fondamentaux.

« Nous prenons acte du transfèrement d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Ramazani Shadary devant l’auditorat militaire. C’est une évolution que nous considérons comme un geste allant dans le sens de l’apaisement, mais cela ne suffit pas. Ils doivent être présentés à leur juge naturel et bénéficier de toutes les garanties liées à un procès équitable », soutient la C64 dans sa réaction du 8 août, rapportée par notre correspondant à Kinshasa.

L’autre évolution saluée par la coalition concerne Olivier Kamitatu. Le passeport de cet opposant, confisqué depuis plus d’une année, lui a été restitué le 7 août par l’ambassade de la République démocratique du Congo à Bruxelles. En exil depuis 2024, Olivier Kamitatu a salué cette décision tout en appelant à ne pas considérer cette mesure isolée comme une résolution globale des tensions politiques. Sur son compte X, l’opposant a résumé sa position par la formule : « Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais peut l’annoncer ».

Il a également plaidé pour que cette mesure soit étendue à d’autres opposants congolais vivant en exil, détenus ou faisant l’objet de restrictions judiciaires.

Pour la C64, la restitution de ce document de voyage constitue également un geste susceptible de contribuer à la décrispation du climat politique. Mais la plateforme considère que l’apaisement ne pourra être durable que si d’autres mesures sont prises.

La coalition estime notamment que la situation des opposants détenus, exilés ou soumis à des procédures judiciaires doit faire l’objet d’un examen plus large.

Dans sa déclaration, la C64 maintient ainsi son ultimatum fixé au 15 août 2026. Elle exige qu’à cette date, un véritable dialogue national soit convoqué afin de permettre aux différentes composantes de la classe politique et de la société congolaise de discuter des questions qui alimentent les tensions dans le pays.

« Ces décisions constituent des gestes qui peuvent contribuer à l’apaisement du climat politique, mais ils restent partiels. Nous maintenons donc notre ultimatum du 15 août. Ce que nous attendons, c’est la convocation d’un véritable dialogue national et des mesures concrètes permettant de restaurer la confiance entre les différentes parties », affirme la C64, dans sa déclaration rapportée par notre correspondant à Kinshasa.

La coalition prévient qu’en l’absence de réponses concrètes à ses revendications, elle entend relancer sa mobilisation et notamment sa marche annoncée dans le cadre de son action politique.

Pour la C64, les mesures d’apaisement doivent aller au-delà des décisions individuelles. La plateforme réclame notamment la libération de personnes qu’elle qualifie de « prisonniers politiques » ainsi que la fin de ce qu’elle décrit comme un « harcèlement judiciaire » visant certains opposants.

La coalition estime que ces différentes mesures sont nécessaires pour créer les conditions d’un dialogue politique crédible et inclusif.

Cette nouvelle réaction intervient dans un contexte où plusieurs acteurs politiques congolais appellent à une décrispation du climat national. La restitution du passeport d’Olivier Kamitatu et le transfèrement d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Ramazani Shadary sont ainsi perçus comme des évolutions susceptibles de favoriser un rapprochement entre les différentes parties.

Mais pour la C64, ces actes ne constituent qu’un début. La plateforme souhaite désormais voir le pouvoir poser des actes supplémentaires afin de répondre aux préoccupations exprimées par l’opposition. L’échéance du 15 août apparaît ainsi comme un nouveau point de tension dans le calendrier politique congolais. La réponse des autorités aux exigences de la C64 pourrait déterminer la suite de la mobilisation annoncée par cette coalition.

Entre gestes d’apaisement et maintien de la pression politique, le climat reste donc fragile à Kinshasa. La C64 affirme pour sa part rester ouverte à toute mesure susceptible de favoriser la décrispation, mais maintient que celle-ci devra passer par des décisions plus profondes et par l’ouverture d’un véritable dialogue national.

JOHN KAYUMBA, correspondant depuis Kinshasa

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