La confrontation politique entre Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur, et l’ancien président Joseph Kabila prend une nouvelle tournure. Dans une tribune intitulée « L’aveu de Goma : le grand masque enfin tombé », Julien Paluku revient sur plusieurs épisodes des conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Il remet en question certaines décisions prises sous l’ancien régime et appelle les Congolais à défendre l’intégrité territoriale du pays. Ses déclarations relancent le débat sur les responsabilités politiques et militaires dans les crises sécuritaires successives.
Dans cette tribune, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu évoque notamment la bataille de Chanzu, la mort du colonel Mamadou en janvier 2014 et celle du général Bahuma en août de la même année. Il rappelle également les tensions qu’il affirme avoir connues avec Joseph Kabila, notamment à la suite d’une déclaration qu’il attribue à l’ancien chef de l’État en 2015, à Rutshuru. À travers cette rétrospective, Julien Paluku questionne les choix sécuritaires de l’époque et estime qu’ils doivent être examinés au regard de la persistance des violences dans l’Est du pays.
« Les événements militaires qui ont marqué l’Est de la République démocratique du Congo méritent d’être revisités à la lumière des faits et des décisions prises à l’époque. La persistance de l’insécurité impose de s’interroger sur les responsabilités politiques et les choix opérés dans la gestion de la crise », affirme Julien Paluku dans une position résumée par sa tribune.
Le ministre du Commerce extérieur répond également aux critiques que Joseph Kabila aurait formulées contre le pouvoir actuel concernant la corruption, les violations des droits humains et les arrestations jugées arbitraires. En retour, il évoque des controverses liées à la gouvernance de l’ancien régime, notamment les dossiers Panama Papers et Congo Hold-Up. Il réaffirme par ailleurs son soutien au président Félix Tshisekedi dans la défense de l’intégrité territoriale de la RDC et reproche à l’ancien président de ne pas avoir suffisamment mis en avant les souffrances des populations de l’Est, confrontées aux conflits armés et aux conséquences sanitaires de l’épidémie d’Ebola.
« Face aux menaces qui pèsent sur l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, les Congolais doivent privilégier la défense de la souveraineté nationale et la protection des populations. La crise dans l’Est exige que les responsabilités soient examinées et que les souffrances des communautés affectées restent au centre des préoccupations », soutient le ministre, selon l’orientation générale de sa tribune.
Cette prise de position intervient dans un contexte de débat politique autour du bilan des années Joseph Kabila et de la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Les accusations avancées par Julien Paluku constituent sa lecture des événements et doivent être distinguées des faits établis. Leur examen nécessite notamment de se référer à des éléments documentés et de prendre en compte les réponses éventuelles de Joseph Kabila et des autres personnes mises en cause.
Degusto Muhindo, à Butembo