RDC : Joseph Kabila lance le FRN avec des cadres de l’AFC/M23, une initiative qui accentue les tensions avec le gouvernement congolais

RDC : Joseph Kabila lance le FRN avec des cadres de l’AFC/M23, une initiative qui accentue les tensions avec le gouvernement congolais

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Rédaction RTEE

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L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, prend la tête d’une nouvelle plateforme politico-militaire dénommée Front pour la refondation de la nation (FRN), annoncée à Goma le 12 octobre 2026, à l’issue d’une rencontre tenue du 10 au 11 octobre. Cette nouvelle structure, qui rassemble plusieurs figures de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23), intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’Est du pays. Elle soulève des inquiétudes quant aux conséquences d’une nouvelle réorganisation politico-militaire sur les efforts visant à mettre fin aux conflits armés.

Dans son organisation annoncée, Joseph Kabila occupe la présidence du FRN. Il est secondé par Bertrand Bisimwa et Corneille Nangaa, désignés vice-présidents. Le général-major Emmanuel Sultani Makenga est présenté comme chef d’état-major général de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), avec rang de vice-président. Cette équipe dirigeante comprend également Freddy Rukema Kaniki, nommé secrétaire général et coordonnateur du comité exécutif, ainsi que Benjamin Mbonimpa, désigné secrétaire général adjoint et coordonnateur adjoint. Désiré Rukomera Rwigema occupe, pour sa part, le poste de secrétaire permanent du Collège des fondateurs.

Cette composition fait apparaître plusieurs responsables déjà associés à l’AFC/M23, notamment Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga. Le FRN annonce vouloir succéder à l’AFC et mutualiser les forces, les ressources et les moyens de ses membres. La déclaration évoque également la possibilité de recourir à la force pour combattre le pouvoir de Kinshasa, une orientation qui accentue les préoccupations dans un pays où les affrontements armés continuent de provoquer des déplacements de populations et d’aggraver la crise humanitaire.

Sur le plan politique, les signataires dressent un réquisitoire contre la gestion du président Félix Tshisekedi. Ils dénoncent notamment la dégradation de la situation sécuritaire, les difficultés socio-économiques et ce qu’ils considèrent comme des atteintes aux libertés fondamentales. Toutefois, ces accusations reflètent leur position politique et ne dispensent pas d’un examen des faits ni des responsabilités des différents acteurs dans les crises successives du pays.

L’invocation de l’article 64 de la Constitution congolaise par les initiateurs du FRN ne suffit pas, à elle seule, à établir la légalité de toutes les actions envisagées par cette plateforme. La nature politico-militaire du mouvement, son articulation avec les groupes déjà engagés dans le conflit et la place accordée au recours à la force soulèvent des questions majeures sur le respect de l’ordre constitutionnel et les perspectives de paix.

Alors que les initiatives diplomatiques se poursuivent pour tenter de mettre fin aux violences dans l’Est de la RDC, la création du FRN ouvre une nouvelle séquence de confrontation avec Kinshasa. Les objectifs opérationnels de cette structure, les moyens qu’elle entend mobiliser et les réactions des autorités congolaises seront déterminants pour apprécier la portée de cette recomposition politico-militaire.

Salomon Kwiraviwe, à Goma

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