La République démocratique du Congo a célébré, ce mardi 30 juin 2026, le 66ᵉ anniversaire de son accession à l’indépendance, proclamée le 30 juin 1960 au Palais de la Nation à Kinshasa, en présence du roi Baudouin Ier et de plusieurs leaders congolais. À cette occasion historique, le discours de Patrice-Emery Lumumba, marqué par une dénonciation ferme du colonialisme et un appel à la dignité du peuple congolais, continue de résonner dans la mémoire collective nationale comme un symbole de lutte pour la souveraineté et la justice.
Soixante-six ans après cet événement fondateur, plusieurs observateurs estiment toutefois que la question de l’indépendance réelle demeure encore d’actualité. C’est notamment le point de vue exprimé par Maître David Wambale, avocat et défenseur des droits humains en ville de Beni, qui s’interroge sur le degré d’autonomie effective du pays dans la gestion de ses ressources et de ses choix stratégiques.
Selon lui, malgré les acquis politiques et institutionnels enregistrés depuis 1960, la RDC continue de faire face à de multiples formes de dépendance, notamment sur les plans économique, sécuritaire et diplomatique, ce qui limite sa pleine souveraineté.
« Nous avons obtenu une indépendance politique en 1960, mais dans les faits, plusieurs indicateurs montrent que la République démocratique du Congo reste encore dépendante de certaines puissances étrangères. Cette dépendance se manifeste dans la gestion de nos ressources naturelles, dans certaines orientations économiques et même dans le domaine sécuritaire. Il est difficile de parler d’une souveraineté totale lorsque des décisions importantes pour l’avenir du pays semblent parfois influencées de l’extérieur. Nous devons renforcer nos institutions, valoriser nos propres compétences et garantir une meilleure maîtrise de nos richesses afin que l’indépendance proclamée en 1960 devienne une réalité complète pour tous les Congolais », a-t-il déclaré.
L’avocat estime également que la célébration de l’indépendance devrait être un moment de réflexion profonde sur les défis structurels auxquels le pays est confronté, notamment la gouvernance, la sécurité et le développement économique. Il appelle les dirigeants à redoubler d’efforts pour consolider l’État et réduire toute forme de dépendance extérieure.
« L’indépendance ne doit pas être seulement une date commémorative. Elle doit se traduire par des actes concrets dans la vie quotidienne des citoyens. Nous devons travailler à construire un État fort, capable de défendre ses intérêts, de protéger ses populations et de gérer efficacement ses ressources. Cela passe par la bonne gouvernance, la justice sociale et le respect de l’État de droit. Tant que ces éléments ne seront pas pleinement réunis, le combat pour une indépendance véritable restera inachevé », a-t-il ajouté.
Dans les rues de Beni comme ailleurs dans le pays, cette journée du 30 juin 2026 a ainsi été marquée à la fois par des célébrations et par des réflexions sur le chemin parcouru depuis 1960. Entre fierté nationale et préoccupations persistantes, les Congolais continuent de s’interroger sur le sens profond de leur indépendance et sur les efforts encore nécessaires pour en garantir la pleine effectivité.
Faraja KATHO depuis la ville de Beni