La stigmatisation d'une communauté entière est l'arme des faibles. C'est le message fort lancé par l'acteur de la société civile Patrick SAWA SAWA 134 FBI, face à la montée d'un discours de haine et de repli identitaire visant la communauté Nande en Ituri. Pour lui, vouloir faire porter à toute une communauté les actes isolés de quelques individus est un raisonnement frauduleux et paresseux.
« La diabolisation globalisante est une conclusion des petits esprits, des immatures et manipulateurs qui cherchent à séduire les paresseux. C’est juste un raccordement frauduleux. Il n’existe pas une communauté des anges et une communauté des démons, dans chaque communauté il y a des anges et des démons », opine Patrick Sawasawa
Il rappelle que les Nande, estimés aujourd'hui à près de onze millions d'âmes, sont une communauté congolaise à part entière. Originaires du Nord-Kivu, la province la plus peuplée après Kinshasa, dont Lubero est le territoire le plus peuplé des 145 que compte le pays, ils sont présents partout en RDC, grâce à leur culture du travail.
« Les Nande construisent leur tissu économique à travers la RDC de la plus belle manière. Ils sont partout et se distinguent par leur savoir-faire professionnel, dans le respect des exigences légales. Ils sont Congolais protégés par les textes officiels et sont libres de jouir de tous les droits civiques y afférents. Si cela peut fâcher les paresseux, qu’ils s’organisent aussi », martèle-t-il.
Abordant la polémique sur les cimetières communautaires en Ituri, Patrick Sawa Sawa recadre le débat sur le plan juridique. Selon lui, s'insurger contre l'existence d'un cimetière privé, relève de l'ignorance de la loi.
« En RDC, aucune disposition légale n'interdit à une famille, à un groupe ou à une communauté d'aménager un espace privé pour inhumer ses morts, dès lors que les règles d'urbanisme et d'hygiène sont respectées. Les cimetières privés et commerciaux sont une réalité reconnue et tolérée partout dans le pays », recadre l'analyste.
Enfin, il rappelle que l'Ituri n'a pas besoin de pyromanes qui utilisent la fibre tribale pour se positionner, mais de cohésion sociale et de développement. Laissons la justice, les règlements administratifs et la Constitution; régir notre vivre-ensemble, conclu cet acteur de la société civile.
Ghislain Lukambo