La presse congolaise de ce mercredi 17 juin est dominée par deux grandes actualités qui cristallisent l’attention de l’opinion nationale : l’entrée historique des Léopards de la RDC à la Coupe du monde de football 2026 et la montée des tensions politiques autour de la loi sur le référendum, désormais adoptée par le Sénat.
Sur le front sportif, les médias saluent unanimement le retour de la République démocratique du Congo sur la scène mondiale du football, cinquante-deux ans après la participation du Zaïre au Mondial de 1974. L’Agence Congolaise de Presse (ACP), Le Phare, Le Potentiel et Digitalcongo.cd mettent en exergue le déplacement du président Félix Tshisekedi à Houston, au Texas, pour assister au premier match des Léopards face au Portugal. Cette présence présidentielle est présentée comme un soutien institutionnel et symbolique à une sélection nationale dont le parcours suscite une forte mobilisation populaire. De son côté, Infos27 célèbre « le grand retour des fauves congolais », tandis qu’Africa News rappelle que la RDC évolue dans le groupe K. Le sélectionneur Sébastien Desabre, cité par Forum des As, affiche un optimisme prudent, estimant que son équipe possède les moyens de décrocher trois ou quatre points, suffisants pour envisager une qualification au second tour.
Toutefois, cet engouement sportif se heurte à des contraintes logistiques. Le Potentiel rapporte que de nombreux supporters et animateurs congolais n’ont pas obtenu de visas américains ou canadiens. Selon le ministre des Sports, Didier Budimbu, la résurgence d’Ebola a compliqué les procédures administratives, empêchant pour l’instant une forte présence populaire congolaise aux États-Unis. Malgré ces difficultés, la décision de la RTNC de retransmettre l’intégralité des matchs des Léopards devrait permettre à des millions de Congolais de suivre cette aventure mondiale.
Parallèlement, la scène politique congolaise connaît une nouvelle phase de tension après l’adoption de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en RDC. La Trompette considère cette étape comme un tournant décisif et un véritable test politique pour le pays. Le Potentiel précise toutefois que le texte a été adopté en des termes différents de ceux de l’Assemblée nationale, ce qui impose la mise en place d’une commission paritaire afin d’harmoniser le document avant son adoption définitive. L’ACP souligne notamment que le texte amendé prévoit qu’en cas de rejet populaire, un nouveau référendum ne pourra être organisé qu’après cinq ans, tandis qu’en cas d’approbation, le président de la République devra donner suite dans un délai de quinze jours.
Cette évolution institutionnelle nourrit les inquiétudes de l’opposition. Congo Nouveau estime que l’adoption de cette loi rapproche le président Félix Tshisekedi d’une éventuelle révision de la limitation des mandats présidentiels. La coalition C64 dénonce ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel » et annonce une grande marche nationale le 8 juillet prochain pour exiger la démission du chef de l’État. Actualité.cd, 7sur7.cd et Le Potentiel relaient cet appel à la mobilisation. Dans un contexte déjà tendu par le sit-in du 12 juin, dont le bilan humain fait l’objet de versions contradictoires entre l’opposition et le gouvernement, Le Nouvel Observateur évoque même une possible saisine de la Cour pénale internationale par certains opposants et acteurs de la société civile.
Face à ces accusations, le camp présidentiel contre-attaque. Dans les colonnes du Phare, les responsables de l’UDPS dénoncent une « théâtralisation » de l’opposition et défendent le projet de changement constitutionnel comme l’expression de la volonté populaire et l’accomplissement d’une promesse historique d’Étienne Tshisekedi. Le Quotidien, quant à lui, accuse l’ancien président Joseph Kabila d’incohérence politique en se posant aujourd’hui en défenseur de la Constitution.
À travers ces deux dossiers, la presse congolaise met en lumière un pays partagé entre l’unité et l’émotion suscitées par le retour des Léopards au plus haut niveau du football mondial, et les profondes fractures politiques que ravive le débat sur le référendum et l’avenir institutionnel de la République. L’enjeu des prochaines semaines sera de préserver l’élan patriotique généré par le Mondial tout en évitant que les divergences politiques ne dégénèrent en crise institutionnelle ou sécuritaire.