Jean-Moro Tubibu estime que les discussions ne produiront des résultats concrets que si elles débouchent sur des engagements en faveur de la paix, de la sécurité et du bien-être des populations congolaises. Des interrogations continuent de entourer les consultations tenues à Bujumbura entre la coalition C64 de l'opposition congolaise et le président burundais, Évariste Ndayishimiye. Alors que les échanges se sont achevés le mardi 7 juillet, certains acteurs de la société civile demeurent prudents quant aux retombées réelles de cette initiative sur la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo.
Parmi eux figure Jean-Moro Tubibu, acteur social et défenseur des droits humains. Dans une déclaration accordée à notre rédaction, il estime que tout dialogue politique ne peut être jugé qu'à l'aune de ses résultats concrets au profit des citoyens. Selon lui, les Congolais attendent avant tout des solutions capables de mettre fin aux conflits armés, de renforcer la cohésion nationale et d'améliorer leurs conditions de vie. Tout en reconnaissant l'importance des initiatives diplomatiques destinées à rapprocher les différents acteurs politiques, Jean-Moro Tubibu invite les parties prenantes à privilégier l'intérêt général plutôt que les considérations partisanes.
« Les rencontres politiques sont importantes lorsqu'elles ouvrent la voie à des solutions durables. Mais les Congolais ne veulent plus seulement des discussions ou des déclarations. Ils attendent des engagements concrets qui permettent de restaurer la paix, de renforcer la sécurité, de protéger les populations civiles et d'améliorer les conditions de vie. Si ces consultations ne débouchent pas sur des actions tangibles, elles risquent de ne pas répondre aux attentes de la population. », a déclaré Jean-Moro Tubibu.
Le défenseur des droits humains souligne également que la recherche de la paix en République démocratique du Congo exige un dialogue inclusif impliquant toutes les parties concernées, dans le respect de la Constitution et de l'intérêt supérieur de la Nation. Selon lui, les initiatives régionales peuvent contribuer à rapprocher les positions, mais elles doivent s'inscrire dans une démarche transparente et produire des résultats mesurables au bénéfice des populations affectées par les crises.
« Le peuple congolais aspire avant tout à la stabilité, à la justice et au développement. Les acteurs politiques, qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition, devraient placer ces priorités au centre de leurs discussions. Les médiations régionales peuvent être utiles, mais elles doivent aboutir à des engagements sincères et à des mécanismes de suivi capables de restaurer durablement la confiance entre les différents acteurs et de répondre aux préoccupations réelles des citoyens. », a-t-il ajouté.
Les consultations menées à Bujumbura s'inscrivent dans les efforts diplomatiques régionaux visant à favoriser un climat de dialogue entre les acteurs politiques congolais. À ce stade, leurs conclusions officielles et leurs éventuelles retombées sur la situation en République démocratique du Congo restent attendues.
Eugide Abalawi depuis Bukavu