À quelques heures de l’expiration de l’ultimatum lancé au président de la République, Félix Tshisekedi, la pression s’accentue dans les rangs de l’opposition congolaise. La coalition C64, qui réclame notamment l’organisation d’un dialogue national inclusif, a fixé au samedi 15 août 2026 l’échéance accordée au chef de l’État pour donner suite à ses revendications. À Butembo, l’Ecidé, parti politique de Martin Fayulu et membre de cette plateforme, dénonce l’absence de réponse concrète du pouvoir et appelle la population à se tenir prête pour d’éventuelles actions de mobilisation.
À la veille de cette échéance, le climat politique reste marqué par les interrogations autour de la suite que la C64 entend donner à son ultimatum. Dans les rangs de cette plateforme de l’opposition, l’organisation d’un dialogue national inclusif est présentée comme une nécessité pour tenter d’apporter des réponses aux différentes crises auxquelles la République démocratique du Congo fait face.
À Butembo, l’Ecidé, formation politique de Martin Fayulu membre de la C64, estime que le président de la République n’a pas donné de suite satisfaisante à cette revendication. Pour Achille Mbundu, porte-parole de l’Ecidé à Butembo, le pouvoir aurait plutôt cherché à gagner du temps face aux demandes de l’opposition.
Le responsable politique considère que l’absence d’une réponse concrète à l’appel au dialogue traduit un manque de volonté politique de la part du chef de l’État. Selon lui, la démarche de la C64 vise pourtant à créer un cadre permettant aux différentes composantes de la société congolaise de discuter des problèmes qui affectent le pays.
« Nous constatons malheureusement qu’à la veille de l’expiration de cet ultimatum, le président de la République n’a pas donné de suite concrète à notre demande. Nous avons le sentiment que le pouvoir a simplement roulé l’opposition, alors que nous avons posé la question du dialogue national inclusif comme une voie permettant aux Congolais de se retrouver autour d’une même table pour rechercher ensemble des solutions aux crises que traverse notre pays », déclare Achille Mbundu, porte-parole de l’Ecidé à Butembo, dans des propos recueillis par Degusto Muhindo, journaliste.
Pour l’Ecidé, le dialogue réclamé par la C64 ne devrait pas être perçu comme une démarche destinée à favoriser une partie de la classe politique au détriment d’une autre. Le parti de Martin Fayulu soutient qu’il s’agit plutôt d’un cadre destiné à réunir les différentes forces politiques et sociales autour des questions jugées essentielles pour l’avenir du pays.
La formation politique estime notamment que les crises sécuritaires, politiques et sociales qui persistent dans plusieurs régions de la RDC nécessitent, au-delà des actions institutionnelles, une concertation entre les différents acteurs.
Mais à mesure que se rapproche la date du 15 août, l’impatience gagne les rangs de l’opposition. À Butembo, l’Ecidé affirme que la population doit désormais rester attentive à l’évolution de la situation et se tenir prête à participer à d’éventuelles actions de mobilisation.
Cette position intervient alors que la C64 entend accentuer la pression sur le pouvoir afin d’obtenir l’ouverture d’un processus de dialogue national inclusif. Pour les responsables de l’Ecidé, l’absence de réaction des autorités ne devrait pas conduire à l’abandon de cette revendication.
« Nous demandons à la population congolaise de rester vigilante et de se tenir prête. Si le pouvoir continue à ignorer cette demande légitime de dialogue national inclusif, il appartiendra au peuple de se mobiliser pour faire entendre sa voix. Nous devons accentuer la pression sur les autorités afin qu’elles comprennent que les problèmes de la République démocratique du Congo nécessitent une réponse collective et un dialogue véritablement inclusif », ajoute Achille Mbundu, porte-parole de l’Ecidé à Butembo, au micro de Degusto Muhindo, journaliste.
L’appel à la mobilisation constitue ainsi une nouvelle étape dans la stratégie de pression annoncée par la coalition C64. Alors que l’ultimatum arrive à échéance ce samedi 15 août 2026, les regards sont désormais tournés vers la réaction du président Félix Tshisekedi et vers les éventuelles décisions que pourrait prendre la plateforme de l’opposition au terme de cette échéance.
À Butembo, l’Ecidé assure pour sa part qu’il continuera à soutenir la démarche de la C64 et à sensibiliser la population sur la nécessité, selon lui, d’obtenir l’organisation d’un dialogue national inclusif.
L’évolution de cette situation pourrait donc dépendre, dans les prochaines heures, de la réponse du pouvoir aux revendications de la C64. Une absence de réponse pourrait, selon les responsables de l’Ecidé, ouvrir la voie à de nouvelles actions de mobilisation, alors que la plateforme avait déjà annoncé son intention de maintenir la pression sur les autorités.
Degusto Muhindo, depuis Butembo