Dans une analyse qui circule dans les milieux juridiques et politiques, Me GuyGuy Kisunga, avocat surnommé "l’avocat des bonnes causes", plaide pour une alternance géographique du pouvoir. Son argument est que plusieurs régions ont déjà dirigé, d’autres attendent donc leur tour.
Dans son analyse, Me Guy Guy Kisunga rappelle la chronologie des chefs d’État congolais, depuis l’indépendance, et le poids de leur province d’origine :
De 1960 à 1965, le Kongo Central a conduit la République avec Joseph Kasa-Vubu. De 1965 à 1997, l’Équateur a tenu les rênes sous Mobutu Sese Seko. De 1997 à 2019, le Katanga a exercé le pouvoir avec Laurent-Désiré et Joseph Kabila. Depuis 2019, le Grand Kasaï est à la tête du pays avec Félix Tshisekedi.
Pour l’avocat, ce constat historique n’est pas anodin. Il révèle que 4 grands ensembles géopolitiques ont déjà présidé aux destinées du pays.
« Ce n’est pas une question de tribu, mais de bilan historique. Quatre grandes régions ont eu l’honneur de diriger la RDC. Il est donc républicain et légitime que les filles et fils de l’ancienne Province Orientale, du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ; nourrissent aussi l’ambition de briguer la magistrature suprême », analyse Me GuyGuy Kisunga
L’argument central du juriste repose sur la notion de réciprocité. Pendant des décennies, dit-il, les provinces de l’Est ont " «accompagné»" les dirigeants venus d’ailleurs, en payant parfois un lourd tribut aux conflits et à l’instabilité.
« Pendant de longues années, l’Est et le Maniema ont soutenu, loyalement, les régimes issus d’autres régions. Aujourd’hui, l’esprit républicain commande que les provinces qui ont déjà exercé le pouvoir acceptent, à leur tour, d’accompagner les aspirations légitimes des autres composantes du pays. C’est ça, la solidarité nationale», ajoute Me Guy Guy.
L’avocat insiste :
« L’alternance géographique n’est ni un droit exclusif, ni une revendication régionaliste. Elle doit être perçue comme un outil de cohésion. L’idée est de renforcer le sentiment d’appartenance de chaque Congolais à la Nation, en garantissant une participation équilibrée à la gestion de la République ».
À deux ans de la prochaine présidentielle, Me Kisunga lance un défi aux élites politiques de l’Est et du Maniema à l'unité. Sans union ni projet de société clair, prévient-il, l’ambition restera un vœu pieux.
Bref, l’alternance géographique est présentée comme une dynamique, pas comme un automatisme. Un moyen de faire en sorte que chaque région ait la vocation à contribuer, à tour de rôle, à la conduite de la destinée commune.