Des altercations opposent depuis le 17 septembre certains usagers des axes Butembo-Luotu-Magheria, dans la commune rurale de Luotu, territoire de Lubero. Au cœur de la contestation : des barrières routières et des perceptions de frais que des taximens moto et une partie de la population qualifient d’illégales ou de forcées. La situation intervient alors qu’une correspondance du gouverneur militaire du Nord-Kivu, datée du 11 août 2026 à Beni, faisait déjà état de plaintes récurrentes concernant des tracasseries sur plusieurs axes de desserte agricole de Luotu.
Selon cette correspondance, des vérifications préliminaires avaient notamment porté sur la présence de barrières attribuées à des éléments Wazalendo ainsi que sur des dispositifs impliquant différents services. L’autorité provinciale avait alors demandé au comité local de sécurité d’examiner la situation et envisagé, selon les éléments rapportés, le démantèlement des barrières jugées irrégulières, la délocalisation de certains éléments et le déploiement de la PNC pour sécuriser les axes concernés.
Plus d’un mois après cette correspondance, la contestation reste vive sur le terrain. Des taximens moto se sont mobilisés contre certains dispositifs de contrôle, donnant lieu à des tensions avec des agents commis aux barrières. Pour le notable de Luotu Paluku Katamira Florent, ces manifestations traduisent le ras-le-bol d’une population confrontée à des perceptions qu’elle considère comme injustifiées. Il appelle les services concernés à se conformer aux orientations de l’autorité provinciale et demande à l’administrateur du territoire de Lubero de se rendre à Luotu pour constater la situation et échanger directement avec la population.
« Nous demandons que la correspondance du gouverneur soit réellement appliquée sur le terrain. Les populations de Luotu, Magheria et Masereka sont confrontées à ces difficultés et les taximens qui se mobilisent aujourd’hui expriment une préoccupation qui mérite d’être entendue. L’autorité territoriale doit venir à Luotu, rencontrer la population et voir elle-même ce qui se passe sur ces axes. Il faut que les barrières et les perceptions soient clarifiées, afin que chacun sache quels services sont habilités à contrôler les usagers et quels frais peuvent légalement être exigés. Nous soutenons la démarche des taximens qui demandent la fin des tracasseries dénoncées sur ces routes », a déclaré Paluku Katamira Florent.
Le responsable politique, présenté comme cadre de l’UDPS dans la région, appelle par ailleurs les usagers des axes concernés à ne pas payer ce qu’il qualifie de taxes illégales. Cet appel intervient dans un contexte où la contestation des perceptions routières risque d’alimenter davantage les tensions entre usagers et agents affectés aux différents points de contrôle. Une source locale rapporte également que les autorités compétentes n’avaient pas encore apporté, au moment de la rédaction, une clarification publique permettant d’établir la légalité de chacune des perceptions contestées. Les accusations concernant certains acteurs et dispositifs sur le terrain restent donc à confirmer auprès des autorités compétentes.
La correspondance provinciale du 11 août montre toutefois que la question des barrières et des tracasseries routières avait déjà été portée à l’attention des autorités avant les incidents de septembre. La clarification des barrières autorisées, des taxes légalement reconnues et des services habilités à effectuer les contrôles apparaît ainsi comme un enjeu central pour prévenir de nouvelles confrontations sur les axes Butembo-Luotu-Magheria-Masereka.
Ghislain Lukambo de retour