Nord-Kivu : l’interdiction des véhicules hors norme divise, Maître Achile Kapanga plaide pour une solution concertée

Nord-Kivu : l’interdiction des véhicules hors norme divise, Maître Achile Kapanga plaide pour une solution concertée

Face à la suspension de circulation des « box body » dans toute la province, l’ancien maire de Beni appelle les autorités à dialoguer avec les propriétaires pour préserver les investissements locaux.

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Moïse Ndungo

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La décision d’interdire la circulation des longs véhicules hors norme, communément appelés box body, continue de faire réagir en province du Nord-Kivu. Alors que la mesure est entrée en vigueur sur toute l’étendue de la province depuis le 20 avril dernier, plusieurs voix s’élèvent pour demander un encadrement plus souple et une solution équilibrée.

Parmi elles figure celle du notable Me Achile Kapanga, ancien maire de la ville de Beni, qui appelle les autorités provinciales à engager une concertation avec les propriétaires de ces engins afin de trouver un arrangement local adapté aux réalités économiques de la région.

Dans une interview accordée à la presse, Me Achile Kapanga estime qu’il ne faudrait pas traiter cette question de manière brutale, sans prendre en compte les investissements consentis par les opérateurs du secteur du transport.

« Il faut une concertation entre les propriétaires de ces véhicules et les services techniques du gouvernement. On ne peut pas simplement écarter ces engins sans proposer de solution durable. »

Selon lui, ces véhicules jouent un rôle important dans la circulation des marchandises, notamment dans une province où le transport routier demeure essentiel pour l’approvisionnement des centres urbains et des zones rurales.

Le notable rappelle que plusieurs opérateurs économiques ont injecté d’importants moyens financiers dans la transformation ou l’acquisition de ces véhicules. À ce titre, il estime qu’une interdiction sèche pourrait entraîner des pertes économiques considérables.

« Ces véhicules ne doivent pas être jetés. Il faut chercher comment les intégrer dans un cadre réglementé au lieu de condamner directement leurs propriétaires. »

Pour de nombreux observateurs, la question ne concerne pas seulement la circulation routière, mais aussi la survie de plusieurs activités économiques dépendantes du transport de grande capacité.

Me Achile Kapanga pense par ailleurs qu’avec la modernisation progressive de certaines routes de la province, il serait envisageable de maintenir ces véhicules sur les axes adaptés, sous réserve du respect de certaines normes.

« Avec l’amélioration des infrastructures routières, ces véhicules peuvent continuer à circuler, mais sous certaines conditions techniques et administratives. »

Il suggère ainsi un système de contrôle renforcé, incluant des inspections mécaniques, des limitations de tonnage, ainsi que la définition d’itinéraires autorisés.

Pour rappel, depuis le 20 avril 2026, tous les véhicules hors norme localement modifiés sont interdits de circulation sur l’ensemble du Nord-Kivu. Cette décision viserait notamment la sécurité routière, la préservation des infrastructures et la régulation du secteur du transport.

Cependant, sur le terrain, la mesure suscite interrogations et inquiétudes parmi les transporteurs, commerçants et chauffeurs qui craignent des répercussions sur les coûts logistiques et l’approvisionnement des marchés.

Le débat autour des box body illustre une fois de plus la difficulté de concilier modernisation, sécurité et réalités socio-économiques dans une province stratégique comme le Nord-Kivu.

D’un côté, l’État cherche à imposer des normes. De l’autre, les acteurs économiques demandent du temps, de l’accompagnement et des solutions réalistes.

Pour plusieurs habitants, la voie du dialogue prônée par Me Achile Kapanga pourrait permettre d’éviter une crise inutile, tout en organisant progressivement le secteur du transport lourd dans la province.

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