Les présidents fédéraux de l’UDPS-Tshisekedi à Beni, Butembo, Goma et au Nord-Kivu rural veulent être reçus par le gouverneur militaire de la province. Dans une correspondance officielle datée du 24 août 2026, ces responsables du parti présidentiel sollicitent une audience urgente auprès du général-major gouverneur militaire, avec au centre de leurs préoccupations la situation sécuritaire et ce qu’ils qualifient d’« exclusion systémique et institutionnelle » des membres de leur formation politique dans la province.
À travers cette démarche, les quatre responsables fédéraux souhaitent porter directement leurs doléances auprès de l’autorité provinciale, dans un contexte marqué par une forte instabilité sécuritaire et politique dans l’Est de la RDC. Ils estiment que les questions liées à la sécurité, à la gouvernance et à la participation des acteurs politiques à la vie institutionnelle doivent faire l’objet d’un dialogue direct avec les autorités compétentes. Dans leur correspondance, ils ne se limitent donc pas à dénoncer une situation, mais demandent officiellement un cadre d’échange permettant d’exposer leurs préoccupations et d’obtenir des réponses.
« Nous avons sollicité cette audience parce qu’en tant que présidents fédéraux de Beni, Butembo, Goma et du Nord-Kivu rural, nous avons le devoir de porter les préoccupations de nos bases auprès des autorités. Notre première préoccupation reste la situation sécuritaire dans la province. Nous sommes au contact de la population et nous connaissons les difficultés auxquelles elle fait face. Nous voulons donc échanger directement avec le gouverneur militaire sur les questions qui touchent à la sécurité et à la protection de nos populations. La deuxième question concerne ce que nous qualifions d’exclusion systémique et institutionnelle des membres de l’UDPS-Tshisekedi dans la province. Nous voulons présenter ces préoccupations de manière responsable, afin que l’autorité provinciale puisse en prendre connaissance et nous donner également sa lecture de la situation. Notre démarche n’est pas une démarche de confrontation. Nous voulons privilégier le dialogue, parce que dans le contexte actuel du Nord-Kivu, il est important que les responsables politiques, les autorités administratives et toutes les forces vives puissent se parler. Nous estimons que les membres du parti présidentiel doivent pouvoir contribuer à la vie de la province dans le respect des lois et des institutions. C’est pourquoi nous souhaitons être reçus en audience afin de soumettre directement nos doléances et de rechercher, avec l’autorité provinciale, des pistes de solution aux problèmes que nous soulevons. »
La demande d’audience intervient alors que les questions sécuritaires demeurent au cœur des préoccupations dans plusieurs zones du Nord-Kivu. Pour les fédéraux de l’UDPS-Tshisekedi, leur démarche doit également permettre de renforcer la communication entre leur parti et l’administration provinciale dirigée sous régime militaire. Ils souhaitent notamment clarifier les conditions de participation de leurs cadres et militants à la vie institutionnelle et politique de la province.
Les présidents fédéraux de Beni, Butembo, Goma et du Nord-Kivu rural attendent désormais la suite qui sera réservée à leur correspondance. Une éventuelle audience avec le gouverneur militaire pourrait constituer un cadre d’explication sur les deux principales préoccupations soulevées : la sécurité et la participation des membres de l’UDPS-Tshisekedi au fonctionnement institutionnel du Nord-Kivu.
Dossier Ghislain Lukambo, depuis Butembo