La décision des responsables de la rébellion du M23 de déclarer plus de 80 institutions d'enseignement supérieur et universitaire « non viables » continue de susciter des réactions. La dernière en date est celle du politologue Philémon Matumo, qui pense que cette décision des autorités du M23 constitue une manière de contraindre les étudiants à revenir dans les institutions publiques, pourtant déjà fermées par les autorités de Kinshasa.
Selon le politologue Philémon Matumo, cadre du BUREC, tous les actes posés par une rébellion sont nuls d'effets, une position juridique et politique qu'il défend fermement face à cette nouvelle mesure prise par le mouvement rebelle.
« Tous les actes posés par une rébellion sont nuls d'effets. Cette décision des autorités du M23 n'est en réalité qu'une stratégie visant à contraindre les étudiants qui s'étaient déjà orientés vers les institutions privées à revenir dans les institutions publiques, pourtant frappées de suspension par le pouvoir de Kinshasa. Il s'agit d'une manœuvre qui ne repose sur aucune base légale reconnue », a déclaré Philémon Matumo au micro de Moïse Ndungo.
Le politologue met par ailleurs en garde les étudiants de Goma et de Bukavu contre ce qu'il considère comme une tentative de manipulation de la part des rebelles, notamment autour de la question de l'homologation de leurs diplômes par l'UNESCO.
« Pour moi, les étudiants de Goma et de Bukavu ne doivent surtout pas se laisser duper par les rebelles sur la soi-disant homologation de leurs diplômes par l'UNESCO. Une rébellion n'a aucune capacité juridique reconnue pour engager un tel processus au nom de l'État congolais », a-t-il ajouté.
Rappelons que les autorités du M23 ont déclaré plus de 80 institutions d'enseignement supérieur et universitaire « non viables » sur toute l'étendue du territoire sous leur contrôle. Cette décision intervient après la suspension des activités académiques décrétée par le Gouvernement congolais dans les universités publiques de Goma et de Bukavu.
Moïse Ndungo, depuis Goma