Face à la persistance des résistances communautaires dans la riposte contre la maladie à virus Ebola, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, annonce un renforcement du dispositif sécuritaire autour des équipes sanitaires. Il prévient que toute personne qui entraverait les opérations de riposte s’exposerait désormais à des sanctions.
Le gouvernement congolais maintient son engagement dans la lutte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit dans la province du Nord-Kivu. De retour à Beni, chef-lieu provisoire de la province, mercredi 19 août 2026, le gouverneur militaire Somo Kakule Evariste s’est montré particulièrement ferme face aux actes de résistance enregistrés dans certaines communautés. Selon lui, ces comportements compromettent les efforts des équipes sanitaires engagées dans la surveillance, le transfert des malades, le prélèvement des échantillons et la prise en charge des cas.
« Nous devons comprendre que la lutte contre Ebola concerne toute la communauté. Les équipes de riposte sont sur le terrain pour sauver des vies et protéger la population. Il n’est donc pas acceptable qu’elles soient empêchées de travailler ou qu’elles soient prises à partie lorsqu’elles accomplissent leur mission. Nous demandons à la population de collaborer avec les équipes sanitaires, parce que toute résistance ne fait que favoriser la propagation de la maladie. À partir de maintenant, toute personne qui va entraver les opérations de riposte ou s’attaquer aux agents engagés dans cette lutte devra répondre de ses actes conformément aux mesures prises par les autorités », a déclaré le général-major Somo Kakule Evariste, gouverneur militaire du Nord-Kivu.
Pour faire face à cette situation, l’autorité provinciale annonce notamment la sécurisation des ambulances utilisées dans la riposte. Les véhicules transportant des malades ou les dépouilles des victimes d’Ebola seront désormais accompagnés par des militaires et des policiers armés. Cette mesure vise à permettre aux équipes sanitaires de poursuivre leurs interventions dans les zones où la méfiance ou l’hostilité à l’égard de la riposte demeure forte.
« Les ambulances qui transportent les malades ou les corps des personnes décédées d’Ebola ne doivent pas être considérées comme des cibles. Elles accomplissent une mission de santé publique. Nous allons donc prendre des dispositions pour que ces véhicules soient escortés par les forces de sécurité. Les militaires et les policiers auront pour mission de sécuriser les équipes et de permettre aux opérations de se dérouler normalement. Mais nous insistons également sur la responsabilité de chacun : personne ne doit bloquer une ambulance, empêcher le prélèvement d’un échantillon ou s’opposer au travail des agents de santé. Ceux qui vont le faire seront sanctionnés », a prévenu le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste.
Cette décision intervient alors que plusieurs incidents récents ont illustré les difficultés rencontrées par les équipes de riposte. Des agents sanitaires ont notamment été pris à partie dans certaines zones alors qu’ils intervenaient auprès de personnes suspectes ou procédaient à des opérations de surveillance. Pour les autorités, ces actes constituent non seulement une menace pour les professionnels de santé, mais également un risque supplémentaire pour l’ensemble de la communauté.
Le gouverneur militaire appelle ainsi les leaders communautaires, religieux, coutumiers et les différentes structures citoyennes à sensibiliser la population sur la nécessité de collaborer avec les équipes sanitaires. La lutte contre Ebola, rappellent les autorités, ne peut être efficace sans l’adhésion des communautés.
Alors que la riposte se poursuit dans la province, les autorités du Nord-Kivu veulent donc conjuguer sensibilisation communautaire et sécurisation des opérations sanitaires, avec un message ferme : les résistances, agressions ou entraves aux équipes de riposte ne seront plus tolérées.
Reportage Muhindo Degusto, depuis Butembo