La culture du coton pourrait constituer une opportunité agricole et économique importante pour le Nord-Kivu, au regard de la diversité de ses débouchés. À l’occasion de la Journée mondiale du coton célébrée ce mercredi 7 octobre, l’ingénieur agronome Kambale Muhendero Samuel, du Forum Congolais du Bassin du Nil, FCBN, encourage les agriculteurs à s’intéresser davantage à cette culture, présentée comme une filière à forte chaîne de valeur.

Le coton est principalement cultivé pour sa fibre, utilisée dans la fabrication des fils et des produits textiles. Ses graines permettent également la production d’huile destinée notamment à l’alimentation humaine ainsi que des tourteaux pouvant servir dans l’alimentation animale. Pour l’agronome, cette diversité des utilisations fait du coton une culture susceptible de générer plusieurs activités autour de sa production et de sa transformation.
« Le coton n’est pas seulement une plante cultivée pour obtenir une fibre destinée à la fabrication des vêtements. Il offre plusieurs possibilités de valorisation. Sa fibre constitue une matière première importante pour l’industrie textile, tandis que ses graines peuvent être transformées pour produire de l’huile destinée à l’alimentation humaine et des tourteaux. La plante peut également contribuer à l’alimentation animale. C’est donc une culture qui présente une chaîne de valeur assez large et qui peut créer plusieurs activités autour de sa production », explique l’ingénieur agronome Kambale Muhendero Samuel.
Dans un contexte marqué par les difficultés d’accès à l’emploi, Kambale Samuel estime que le développement de cette filière pourrait également contribuer à créer des opportunités économiques au profit des agriculteurs et d’autres acteurs intervenant dans la chaîne de production. Il invite ainsi la population à considérer l’agriculture non seulement comme une activité de subsistance, mais aussi comme un secteur pouvant soutenir l’industrialisation locale.
« Dans un contexte où le chômage constitue une préoccupation importante, nous encourageons la population à envisager la culture du coton comme une véritable opportunité économique. Il ne s’agit pas seulement de produire et de vendre la matière première, mais aussi de penser à toute la chaîne de valeur, depuis la production jusqu’à la transformation. Le Nord-Kivu a besoin d’industries capables de transformer cette production afin que les bénéfices puissent profiter davantage aux producteurs et à l’économie locale », plaide-t-il.
Le développement de cette filière nécessite toutefois une implication des différents acteurs, notamment les agriculteurs, les opérateurs économiques et les promoteurs industriels. Pour le FCBN, l’encouragement à la production doit ainsi aller de pair avec la mise en place d’activités de transformation capables de valoriser localement le coton et ses différents produits dérivés.
La Journée mondiale du coton est célébrée chaque année le 7 octobre. Pour l’édition 2026, elle est placée sous le thème : « Le coton au service du bien : construire la prospérité grâce au commerce, à la transformation et au partenariat ». Une occasion, selon les acteurs du secteur agricole, de mettre en avant les potentialités de cette culture et l’importance de renforcer les investissements tout au long de sa chaîne de valeur.
Esperanza Sindani