Nord-Kivu : la journée des Casques bleus ravive le débat sur la présence de la MONUSCO

Nord-Kivu : la journée des Casques bleus ravive le débat sur la présence de la MONUSCO

Entre hommage aux soldats tombés au front et critiques contre l’inefficacité de la mission onusienne, les populations de l’Est réclament désormais des résultats concrets pour la paix

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Ghislain Lukambo

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Ce 29 mai 2026, le monde célèbre la Journée internationale des Casques bleus des Nations unies. Mais dans l’Est de la République démocratique du Congo, cette commémoration ravive également des souvenirs douloureux et des débats toujours sensibles autour de la présence de la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Congo, la MONUSCO.

Depuis plusieurs années, des mouvements citoyens, des activistes pro-démocratie et divers groupes de pression avaient multiplié les manifestations pour exiger le départ des Casques bleus, accusés d’inefficacité face à l’insécurité persistante qui continue de frapper les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Dans certaines villes comme Butembo, la pression populaire avait même conduit la MONUSCO à quitter plusieurs de ses bases. Pour le mouvement citoyen Lutte pour le Changement, LUCHA, cette mobilisation reste une victoire historique du peuple congolais.

Prenant la parole à l’occasion de cette journée internationale, Espoir Aspirine, cadre de la LUCHA au Nord-Kivu, a tenu à rendre hommage au contingent tanzanien de la Brigade d’intervention rapide de la MONUSCO, connu sous le nom de FIB, qui avait combattu aux côtés des FARDC en 2013 pour neutraliser les rebelles du M23 dans le territoire de Rutshuru.

Il rappelle également que plusieurs Casques bleus ont perdu la vie dans l’exercice de leur mission, notamment lors des attaques attribuées aux terroristes ADF dans l’Est du pays.

« Nous ne pouvons pas ignorer les sacrifices consentis par certains contingents des Nations unies. Les soldats tanzaniens de la FIB ont combattu courageusement aux côtés des FARDC contre le M23 en 2013. Plusieurs Casques bleus ont aussi été tués par les ADF. Mais malgré ces sacrifices, la population congolaise attendait beaucoup plus de résultats face aux massacres qui continuent », affirme Espoir Aspirine.

Revenant sur les manifestations anti-MONUSCO organisées ces dernières années, l’activiste estime que la pression exercée par la population congolaise a contribué à pousser le Conseil de sécurité des Nations unies à revoir progressivement le mandat de la mission onusienne en RDC.

Selon lui, ces mobilisations ont démontré la profonde frustration des populations de l’Est face à l’insécurité persistante malgré plus de deux décennies de présence des Casques bleus.

« Les manifestations contre la MONUSCO ont été une véritable expression de la souffrance populaire. La population voulait rappeler au monde que les discours diplomatiques ne suffisent plus pendant que les civils continuent de mourir. Aujourd’hui, les Casques bleus encore présents au Congo doivent soutenir sans hypocrisie les efforts du gouvernement congolais pour rétablir la paix. Les promesses sans actions concrètes ne feront qu’alimenter davantage la colère des victimes », insiste le cadre de la LUCHA.

Dans une région meurtrie par des décennies de conflits armés, les attentes des populations restent immenses. Beaucoup de citoyens affirment désormais ne plus vouloir de déclarations symboliques, mais des résultats visibles sur le terrain.

Alors que les violences des groupes armés continuent de faire des victimes civiles dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri, la question du rôle réel de la communauté internationale dans le retour de la paix demeure plus que jamais au centre des préoccupations.

Depuis Butembo, Muhindo Degusto

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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