Nord-Kivu : des voix s'élèvent après l'interpellation de Clovis Mutsuva à Beni

Nord-Kivu : des voix s'élèvent après l'interpellation de Clovis Mutsuva à Beni

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Ghislain Lukambo

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L'arrestation de l'activiste citoyen Clovis Mutsuva, membre du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), continue de susciter des réactions dans la ville de Beni et au-delà. Plusieurs acteurs plaident pour sa libération, estimant que cette interpellation intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile où la collaboration entre les populations civiles et les forces de sécurité demeure essentielle dans la lutte contre les groupes armés, notamment les ADF.

Au lendemain de l'interpellation de Clovis Mutsuva à Beni, les réactions se multiplient au sein de la société civile et des milieux spécialisés dans les questions de gouvernance sécuritaire. Plusieurs voix expriment leur préoccupation et appellent les autorités compétentes à examiner avec attention la situation de cet activiste citoyen, dont l'arrestation intervient dans une région encore marquée par les violences des groupes armés.

Parmi les personnalités ayant réagi figure le journaliste et chercheur en gouvernance sécuritaire Azarias Mokonzi. Pour lui, cette interpellation risque d'avoir des conséquences sur la confiance entre les communautés locales et les services de sécurité, alors que cette collaboration est considérée comme un élément déterminant dans la lutte contre le terrorisme attribué aux Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région de Beni.

Selon ce chercheur, les citoyens engagés dans les initiatives de paix et de sécurité doivent être considérés comme des partenaires dans la recherche des solutions face à l'insécurité. Il estime que toute action susceptible de décourager leur implication pourrait fragiliser davantage les mécanismes de collaboration existants entre les populations et les forces de défense et de sécurité.

« Dans un contexte comme celui de Beni, où la menace des groupes armés reste permanente, toute interpellation d'un acteur citoyen doit être analysée avec beaucoup de prudence. Les citoyens qui s'impliquent dans la recherche de solutions sécuritaires doivent être considérés comme des partenaires. Lorsque ces acteurs ont le sentiment d'être inquiétés ou réduits au silence, cela peut envoyer un message négatif à l'ensemble de la population et affaiblir la confiance qui doit exister entre les communautés et les services de sécurité. Or, cette confiance est indispensable pour faire face efficacement à l'ennemi commun qu'est le terrorisme. », a déclaré Azarias Mokonzi.

Le journaliste et chercheur rappelle que la collaboration civilo-militaire constitue l'un des piliers de la lutte contre les groupes armés. Selon lui, les renseignements fournis par les populations locales jouent un rôle important dans la prévention des attaques et dans les opérations de sécurisation menées sur le terrain. Il estime ainsi que l'arrestation d'un acteur engagé dans la sensibilisation citoyenne pourrait provoquer un climat de méfiance susceptible de limiter la circulation des informations entre les habitants et les forces de sécurité. Une situation qui, selon lui, pourrait indirectement bénéficier aux groupes armés qui profitent souvent des divisions et du manque de confiance au sein des communautés.

« La lutte contre les ADF ne peut pas être uniquement une affaire des militaires. Elle nécessite l'implication des communautés, des organisations citoyennes et de toutes les personnes capables de contribuer à la restauration de la paix. Si les populations commencent à avoir peur de collaborer avec les services de sécurité ou à garder le silence face aux mouvements suspects, cela crée un espace favorable aux groupes armés. Toute rupture entre les citoyens et les forces engagées dans la sécurisation du territoire constitue une opportunité pour les ennemis de la paix. », a ajouté Azarias Mokonzi.

Face à cette situation, plusieurs acteurs continuent de réclamer la libération de Clovis Mutsuva, tout en appelant au respect des procédures légales et au maintien d'un climat favorable à la participation citoyenne dans les efforts de sécurisation.

En attendant une éventuelle décision des autorités sur le sort de l'activiste, le débat se poursuit autour de la nécessité de préserver l'équilibre entre les impératifs sécuritaires et la participation des citoyens dans la recherche de solutions face à l'insécurité qui persiste dans la région de Beni.

Faraja Katho et Muhindo Degusto

Tags : # Nord-Kivu # RDC

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