NORD-KIVU : cinq ans après son instauration, l’état de siège toujours contesté face à des résultats jugés insuffisants

NORD-KIVU : cinq ans après son instauration, l’état de siège toujours contesté face à des résultats jugés insuffisants

Cinq ans après sa mise en place dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’état de siège continue de susciter de vives critiques quant à son efficacité sur le plan sécuritaire.

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Ghislain Lukambo

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Présenté à l’origine comme une mesure exceptionnelle destinée à restaurer l’autorité de l’État et à neutraliser les groupes armés actifs dans l’est de la République démocratique du Congo, ce dispositif reste aujourd’hui au centre de nombreux débats.

Sur le terrain, une partie de la population et plusieurs observateurs estiment que les objectifs initiaux n’ont pas été pleinement atteints, malgré les moyens militaires et administratifs déployés. L’insécurité persiste dans plusieurs zones rurales, avec des attaques récurrentes attribuées à différents groupes armés, ainsi que des déplacements massifs de populations.

Pour certains analystes, la prolongation de cette mesure exceptionnelle soulève désormais la question de son efficacité réelle et de la nécessité d’une réévaluation de la stratégie sécuritaire dans la région.

Le professeur Dady Saleh, spécialiste des questions de gouvernance et de sécurité, dresse un constat critique de la situation actuelle :


« Les résultats ne sont pas à la hauteur des moyens engagés. Il faut revoir l’approche sécuritaire », estime-t-il, appelant à une réflexion approfondie sur les stratégies mises en œuvre depuis l’instauration de l’état de siège.

Selon lui, la seule réponse militaire ne suffit pas à résoudre durablement la crise sécuritaire dans l’est du pays, où les causes du conflit sont à la fois complexes et multiformes. Il plaide ainsi pour une approche plus intégrée, combinant sécurité, gouvernance locale et développement socio-économique.

Dans le même temps, il insiste sur l’importance de l’implication citoyenne dans la recherche de solutions durables.


« La population doit aussi jouer un rôle en soutenant les initiatives locales de sécurité », ajoute le professeur Dady Saleh, soulignant la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les communautés et les forces engagées sur le terrain.

Sur le plan institutionnel, les autorités continuent de défendre le principe de l’état de siège, présenté comme un cadre juridique permettant une réponse rapide face aux menaces sécuritaires. Toutefois, les discussions autour de son avenir se multiplient, certains appelant à une levée progressive, tandis que d’autres plaident pour son maintien accompagné de réformes profondes.

Dans un contexte où les attentes de la population restent élevées, la question de l’efficacité de l’état de siège demeure un sujet sensible et central du débat public au Nord-Kivu. Entre espoirs initiaux et résultats mitigés, l’avenir de cette mesure exceptionnelle semble désormais dépendre de la capacité des autorités à adapter leur stratégie aux réalités du terrain.

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