Nord-Kivu : 3,4 millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire alerte PAM

Nord-Kivu : 3,4 millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire alerte PAM

G

Ghislain Lukambo

59 0

La crise humanitaire continue de prendre des proportions préoccupantes au Nord-Kivu. Quelque 3,4 millions de personnes sont actuellement confrontées à l’insécurité alimentaire dans cette province de l’est de la République démocratique du Congo, selon les chiffres communiqués ce mercredi 19 août par Adolph Muwawa, coordonnateur du Cluster Sécurité alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM).

Ces données ont été rendues publiques lors d’une activité organisée à l’Université de Goma à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Cette rencontre a permis de mettre en lumière les difficultés auxquelles restent confrontées des millions de personnes dans une province particulièrement affectée par l’insécurité, les déplacements massifs de populations et la dégradation des conditions socioéconomiques.

Selon les informations présentées au cours de cette activité, l’insécurité alimentaire constitue aujourd’hui l’une des principales conséquences humanitaires de la crise qui secoue le Nord-Kivu. Les affrontements et l’instabilité dans plusieurs territoires ont contraint de nombreuses familles à abandonner leurs villages, leurs activités agricoles et leurs moyens habituels de subsistance.

Pour ces populations, les déplacements ne signifient pas seulement la perte d’un logement. Ils entraînent également la rupture des activités économiques, l’abandon des champs, la diminution des revenus et l’accès plus difficile aux denrées alimentaires. Dans plusieurs zones, les familles déplacées dépendent ainsi largement de l’assistance humanitaire pour répondre à leurs besoins essentiels.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’agriculture constitue une source importante de revenus et de nourriture pour une grande partie de la population du Nord-Kivu. Lorsque l’insécurité empêche les cultivateurs d’accéder à leurs champs ou de commercialiser leurs productions, les conséquences se répercutent directement sur la disponibilité des aliments et sur le pouvoir d’achat des ménages.

L’ampleur du chiffre avancé par le Cluster Sécurité alimentaire met ainsi en évidence la pression exercée sur les acteurs humanitaires. Avec 3,4 millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire, les besoins dépassent largement la seule distribution ponctuelle de vivres. Ils impliquent également la protection des moyens de subsistance, le soutien à l’agriculture, l’accès aux marchés et la stabilisation des populations affectées par les déplacements.

La Journée mondiale de l’aide humanitaire a donc constitué une occasion de rappeler que derrière les statistiques se trouvent des familles directement exposées aux conséquences de la crise. Femmes, enfants, personnes âgées et autres personnes vulnérables figurent parmi celles qui supportent le plus lourdement les effets de l’insécurité et de la précarité.

La situation pose également la question de la durabilité de la réponse humanitaire. Si l’aide d’urgence demeure indispensable pour les personnes qui ont tout perdu, la sortie durable de l’insécurité alimentaire passe aussi par l’amélioration de la sécurité, la reprise des activités agricoles et économiques ainsi que le retour volontaire et sécurisé des populations déplacées lorsque les conditions le permettent.

Le chiffre de 3,4 millions de personnes avancé à Goma vient ainsi rappeler l’ampleur du défi auquel sont confrontés les acteurs humanitaires et les autorités dans la province. Derrière cette réalité alimentaire se trouve une crise multidimensionnelle dont les causes sont liées notamment à l’insécurité, aux déplacements et à la fragilisation des moyens de subsistance.

On écoute Adolph Muwawa, coordonnateur du Cluster Sécurité alimentaire du PAM, au micro de Salomon Kwiraviwe.

Salomon Kwiraviwe, depuis Goma.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

Articles similaires