Pour la société civile, la paix ne se décrétera pas à huis clos. Les acteurs de la société civile du Nord et du Sud-Kivu plaident pour un dialogue global et inclusif, afin de contribuer à mettre fin à la guerre en République démocratique du Congo. Ils demandent que les réformes électorales, sécuritaires et judiciaires, ainsi que la justice transitionnelle, soient placées au cœur du processus de paix. Ils s'inquiètent par ailleurs de voir le recensement annoncé par les autorités laisser de côté les populations vivant dans les zones touchées par le conflit.
Pour ces organisations, un processus de paix crédible suppose que toutes les composantes de la société soient associées aux discussions, et non uniquement les acteurs politiques et armés. Elles estiment qu'une paix durable ne peut reposer sur un accord limité à quelques parties.
Au cœur de leurs demandes figurent quatre chantiers : les réformes électorales, sécuritaires et judiciaires, ainsi que la justice transitionnelle. Pour la société civile, ce sont ces réponses de fond qui permettront de traiter les causes de la guerre et d'éviter qu'elle ne se reproduise.
Président du cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu, Mick Mutiki a porté cette position au micro d'Eugide Abalawi. Il insiste sur la nécessité d'un dialogue qui n'exclut personne et sur la place que doivent occuper ces réformes dans toute discussion sur la paix.
« Nous plaidons pour un dialogue global et inclusif, qui associe toutes les couches de la société. La guerre ne prendra fin durablement que si l'on s'attaque à ses causes profondes. C'est pourquoi les réformes électorales, sécuritaires et judiciaires, de même que la justice transitionnelle, doivent être au centre du processus de paix. Sans cela, nous risquons de signer des accords qui ne règlent rien, » Mick Mutiki, président du cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu
Les acteurs de la société civile expriment une autre crainte : que le recensement annoncé par les autorités n'exclue les populations vivant dans les zones affectées par le conflit. Pour eux, laisser ces habitants hors du processus reviendrait à les priver de leurs droits, et fragiliserait la légitimité des opérations qui en dépendent.
« Nous avons peur que ce recensement laisse de côté nos compatriotes qui vivent dans les zones touchées par la guerre. Ces populations ont les mêmes droits que les autres. Les exclure serait une injustice de plus, et cela remettrait en cause la crédibilité de tout le processus, » Mick Mutiki, président du cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu
La société civile du Nord et du Sud-Kivu entend ainsi continuer à faire entendre sa voix, pour que la recherche de la paix en RDC ne se fasse pas sans les populations directement concernées.
Eugide Abalawi, à Bukavu