La tension reste vive autour du différend foncier opposant les communautés Bakwanga à la Société Minière de Bakwanga (MIBA) à Mbujimayi, dans la province du Kasaï-Oriental. Ce vendredi 31 juillet 2026, plusieurs dizaines de manifestants, conduits par leur chef coutumier Ntumba Diongo, sont descendus dans les rues de la ville pour exprimer leur désaccord avec la position récemment adoptée par le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. Les protestataires accusent le ministre de n'avoir examiné qu'une seule version des faits dans ce dossier sensible et réclament une approche plus équilibrée afin de parvenir à une solution juste et durable.
Partis de différents quartiers de Mbujimayi, les manifestants ont parcouru plusieurs artères de la ville en brandissant des calicots et des messages réclamant une gestion impartiale du conflit foncier qui oppose depuis plusieurs années les communautés Bakwanga à la Société Minière de Bakwanga (MIBA). À la tête du cortège, le chef coutumier Ntumba Diongo a appelé les autorités nationales à écouter toutes les parties impliquées avant de prendre une quelconque décision susceptible d'influencer l'issue de ce dossier qu'il considère comme particulièrement sensible pour les populations locales.
Les manifestants disent ne pas comprendre la récente position exprimée par le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa. Selon eux, l'autorité ministérielle se serait fondée uniquement sur les explications fournies par la Direction générale de la MIBA, sans accorder la même attention aux revendications des communautés qu'ils estiment être les propriétaires coutumiers des terres concernées.
« Nous sommes venus exprimer notre indignation de manière pacifique. Nous estimons que le ministre de la Justice ne peut pas se prononcer sur un dossier aussi sensible après avoir entendu une seule partie. Les communautés Bakwanga ont également des droits, des preuves et une histoire qu'il est important d'écouter. Nous demandons que toutes les parties soient reçues dans un esprit d'équité afin qu'une solution juste puisse être trouvée dans l'intérêt de tous. », ont déclaré plusieurs manifestants au cours de la marche.
Au fil de la manifestation, plusieurs intervenants ont rappelé que ce conflit foncier continue d'alimenter des tensions entre les communautés locales et la société minière. Ils estiment qu'une solution durable ne pourra être obtenue qu'à travers un dialogue inclusif associant les autorités coutumières, les représentants de la MIBA ainsi que les pouvoirs publics. Les protestataires ont également invité le gouvernement central à privilégier une approche fondée sur l'écoute, le respect des droits des différentes parties et l'application stricte des textes légaux en matière foncière.
« Nous demandons au ministre Guillaume Ngefa d'adopter une démarche impartiale et de suivre l'exemple de son prédécesseur, Constant Mutamba, qui avait pris le temps d'écouter les différentes parties avant toute prise de position. Notre objectif n'est pas d'entretenir les tensions, mais d'obtenir une justice équitable, fondée sur les faits et sur le droit. Nous restons disposés au dialogue pourvu que chaque acteur soit traité avec le même respect. », ont insisté les représentants des manifestants.
Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions autour du réaménagement du quartier Kasaï et de la gestion des concessions de la MIBA. Ces dernières semaines, plusieurs prises de position des autorités provinciales et nationales ont alimenté les débats entre les différentes parties concernées.
À l'issue de la manifestation, les protestataires ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leurs démarches par des moyens pacifiques afin d'obtenir, selon eux, une gestion plus équilibrée du dossier foncier. De leur côté, les autorités compétentes ne se sont pas encore exprimées publiquement sur les revendications formulées par les manifestants lors de cette mobilisation.
Depuis Mbujimayi, Frank Ntumba