Au Maniema, les victimes des incidents survenus dans les environs de Kindu, notamment dans le territoire de Kailo, disent attendre toujours une prise en charge humanitaire et l’intervention des autorités locales. Ces violences auraient fait au moins sept blessés graves, tandis que plusieurs habitations ont été incendiées. Selon les informations recueillies dans la région, certaines familles dont les maisons ont été brûlées ont trouvé refuge dans des églises de Lembe-Lembe, où elles vivent dans des conditions précaires, en attendant une éventuelle assistance.
À l’origine de ces tensions, des différends opposeraient des populations riveraines du territoire de Kailo à des membres de la communauté Tetela, originaires de la province du Sankuru, dont la présence est devenue plus importante dans plusieurs villages situés autour de la ville de Kindu.
Les habitants reprocheraient notamment à certains nouveaux arrivants des pratiques liées à l’exploitation des ressources forestières, notamment la déforestation pour la production de braise. Le non-respect de certaines coutumes et pratiques locales est également cité parmi les facteurs à l’origine des altercations.
Ces tensions opposent principalement des membres des communautés Songola et Tetela, pourtant toutes deux rattachées à l’espace culturel anamongo. Les incidents auraient ainsi progressivement dégénéré, entraînant des violences, des blessés et des destructions de biens.
Un acteur local explique que la situation reste préoccupante et que les victimes se retrouvent aujourd’hui dans une situation particulièrement difficile, faute d’une assistance appropriée :
« Les victimes de ces incidents qui ont fait sept blessés graves ne sont toujours pas prises en charge, ni par les organisations humanitaires ni par les autorités locales. Plusieurs personnes dont les maisons ont été incendiées ont dû trouver refuge dans les églises de Lembe-Lembe, où elles vivent dans des conditions difficiles. À la base de ces tensions, il y a notamment la présence de plus en plus importante des Tetela dans différents villages autour de Kindu et dans le territoire de Kailo. Cette situation crée des frustrations au sein de la population riveraine, particulièrement lorsqu’il y a des problèmes liés à l’exploitation de la forêt pour la fabrication de braise ou lorsque certaines coutumes des autochtones ne sont pas respectées. Ces incompréhensions provoquent régulièrement des altercations entre les Songola et les originaires du Sankuru. Pourtant, il faut rappeler que ces communautés appartiennent toutes à l’espace anamongo et qu’elles devraient pouvoir vivre ensemble dans la paix. Aujourd’hui, le problème est que les personnes blessées ont besoin de soins et que les familles qui ont perdu leurs maisons ont besoin d’une assistance urgente. Les autorités locales disent manquer de moyens suffisants et, dans cette partie du Maniema, la présence des organisations humanitaires reste très faible. Nous demandons donc que des dispositions soient prises pour secourir les victimes, mais aussi pour engager un dialogue entre les communautés afin de prévenir de nouvelles violences », explique cet acteur local.
Au-delà de l’urgence humanitaire, les acteurs locaux appellent à une intervention visant à prévenir la répétition de ces incidents. Ils estiment qu’un dialogue entre les communautés concernées pourrait contribuer à régler les différends liés à l’exploitation des ressources naturelles, à la cohabitation et au respect des coutumes locales.
La prise en charge des blessés et l’assistance aux familles ayant perdu leurs habitations demeurent toutefois les principales urgences signalées dans la zone. Les autorités locales sont ainsi appelées à mobiliser les moyens disponibles et à solliciter l’appui des partenaires humanitaires afin de répondre aux besoins des victimes.
Depuis Kindu, ENZAL BALEWE