Le surpeuplement de la prison centrale de Kindu a conduit le nouveau procureur général près la Cour d'appel du Maniema à prendre des mesures pour désengorger cet établissement pénitentiaire. Vingt détenus, arrêtés pour des cas jugés bénins, ont été libérés ce vendredi soir, au terme d'un contrôle des dossiers.
Cette décision fait suite à une revue des dossiers de chacun des détenus incarcérés à la prison centrale, menée par le chef du parquet général. L'exercice a aussi porté sur l'enregistrement des cas de décès liés à une diarrhée proche du choléra, un signal alarmant sur les conditions sanitaires dans cette maison carcérale, où la promiscuité favorise la propagation des maladies. À l'issue de ce contrôle, le procureur général a ordonné l'extraction de vingt prisonniers dont les dossiers relevaient de faits mineurs. Selon la même source, ces détenus avaient été incarcérés abusivement par certains magistrats.
À cette occasion, le procureur général a réitéré son vœu de voir les magistrats instructeurs respecter strictement les procédures, afin d'éviter les arrestations arbitraires contraires à la loi. Un rappel qui vise à freiner l'une des causes de la surpopulation carcérale, souvent alimentée par des détentions qui ne se justifient pas toujours.
Le nombre exact de détenus que compte la prison centrale de Kindu, sa capacité d'accueil et le bilan précis des décès enregistrés n'ont pas été communiqués à ce stade. Pour les observateurs, la libération de ces vingt personnes constitue un premier pas, mais ne règle pas à elle seule le problème de fond. Reste à voir si d'autres mesures, tant sur le plan judiciaire que sanitaire, seront prises pour améliorer durablement les conditions de détention à Kindu.
Enzal Balewe, depuis Kindu