Maniema : le mauvais état de la route Lubutu–Punia fait flamber les prix des produits de première nécessité

Maniema : le mauvais état de la route Lubutu–Punia fait flamber les prix des produits de première nécessité

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Ghislain Lukambo

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La dégradation avancée de la Route nationale n°31 reliant les territoires de Lubutu et de Punia, dans la province du Maniema, continue de peser lourdement sur les conditions de vie des populations. L'impraticabilité de cet axe stratégique perturbe l'approvisionnement en produits vivriers et en biens de première nécessité en provenance de Kisangani, chef-lieu de la province voisine de la Tshopo, entraînant une hausse sensible des prix sur les marchés locaux.

Pour les habitants de Punia et des localités environnantes, cette situation devient de plus en plus préoccupante. Les commerçants évoquent des difficultés croissantes pour acheminer les marchandises en raison du mauvais état de la chaussée, marqué par des bourbiers, des ravines et plusieurs tronçons devenus difficilement praticables, notamment en période de pluies.

Les conséquences se font directement ressentir sur le coût de la vie. Les produits alimentaires, les denrées de première nécessité ainsi que divers articles de consommation courante connaissent une augmentation de leurs prix, réduisant davantage le pouvoir d'achat des ménages déjà confrontés à de nombreuses difficultés économiques.

Face à cette situation, le Bureau des Inspecteurs des Droits de l'Homme (B.I.D.H.) appelle les autorités compétentes à intervenir sans délai afin de réhabiliter cet axe routier considéré comme vital pour les échanges économiques entre les provinces du Maniema et de la Tshopo.


« La route Lubutu–Punia représente un véritable poumon économique pour cette partie du Maniema. Son état de dégradation compromet non seulement la libre circulation des personnes et des biens, mais il accentue également la précarité des populations. Nous demandons aux autorités nationales et provinciales d'engager des travaux de réhabilitation afin de rétablir cette voie essentielle au développement local et à la sécurité alimentaire des habitants. »

Selon les défenseurs des droits humains, cette route constitue également un débouché indispensable pour les milliers d'agriculteurs des villages périphériques qui approvisionnent régulièrement le centre de Punia en produits agricoles. L'état actuel de la Route nationale n°31 complique l'évacuation des récoltes vers les marchés, provoquant des pertes importantes pour les producteurs et limitant leurs revenus.

Les acteurs de la société civile estiment que cette situation freine considérablement le développement économique du territoire de Punia, dont l'activité repose essentiellement sur l'agriculture, le petit commerce et les échanges avec les provinces voisines. Le B.I.D.H. attribue notamment cette dégradation au manque d'entretien régulier de la route. L'organisation déplore le faible fonctionnement du système de cantonnage manuel, censé assurer le maintien en bon état des routes d'intérêt national à travers des travaux permanents de nettoyage, de curage des caniveaux et de traitement des points critiques.


« L'absence d'un entretien régulier explique en grande partie l'état actuel de la Route nationale n°31. Si le système de cantonnage manuel était effectivement opérationnel, plusieurs sections de cette route auraient pu être préservées. Investir dans l'entretien routier coûte toujours moins cher que reconstruire entièrement une infrastructure laissée à l'abandon pendant plusieurs années. »

Les commerçants rencontrés à Punia indiquent que les coûts du transport ont fortement augmenté ces derniers mois. Les véhicules mettent davantage de temps pour parcourir le trajet entre Kisangani et Punia, tandis que certaines cargaisons doivent être transbordées ou acheminées par des moyens de fortune lorsque les camions ne parviennent plus à franchir certains passages particulièrement dégradés. Cette situation entraîne non seulement une hausse des prix pour les consommateurs, mais ralentit également les échanges commerciaux entre les deux provinces. Les organisations citoyennes craignent que cette détérioration continue de fragiliser davantage les conditions de vie des populations rurales.


« Réhabiliter la route Lubutu–Punia, c'est soutenir les agriculteurs, faciliter l'approvisionnement des marchés, stimuler les échanges commerciaux et améliorer les conditions de vie des populations. Cette infrastructure ne sert pas uniquement au transport ; elle constitue un véritable levier de développement économique et social pour toute la région. Nous espérons que les autorités agiront rapidement avant que la situation ne se détériore davantage. »

Les organisations de défense des droits humains invitent ainsi les autorités nationales et provinciales à inscrire la réhabilitation de la Route nationale n°31 parmi les priorités en matière d'infrastructures. Elles estiment qu'une intervention rapide contribuerait à relancer les activités économiques, à réduire le coût des produits de première nécessité et à améliorer la mobilité des populations entre le Maniema et la Tshopo.

ENZAL BALEWE, depuis le Maniema.

Tags : # Actualité # RDC

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