Pangi, chef-lieu du territoire qui porte le même nom, dans la province du Maniema, est abandonné par les autorités territoriales et présente aujourd'hui le visage d'un village déserté par ses occupants. À ce jour, les bâtiments qui accueillent les différents bureaux administratifs sont envahis par la végétation, faute d'être utilisés par leurs occupants légitimes.
À titre illustratif, le bureau de l'Administrateur du territoire, l'hôpital Général de Référence de Pangi, ainsi que les résidences des cadres territoriaux, sont désormais occupés par des reptiles, en lieu et place des cadres nommés par l'administration centrale, qui préfèrent résider dans la commune rurale de Kakutya, une cité minière appartenant à l'ex-Sominki, aujourd'hui SAKIMA. Cette situation perdure sous le regard apparemment indifférent des autorités provinciales compétentes, qui disposent pourtant de l'imperium sur les dirigeants territoriaux défaillants et qui pourraient, à ce titre, exiger le retour de ces derniers à leurs postes de responsabilité respectifs.
Voulant en savoir davantage sur les raisons de cette désertion administrative, votre rédaction a contacté ce vendredi 25 septembre 2026 les deux élus de la circonscription électorale de Pangi. Fort malheureusement, tous deux se sont abstenus de faire une quelconque déclaration sur ce dossier, laissant planer le doute sur les véritables raisons de cet abandon.
À en croire la société civile, antenne de Pangi, l'attention de toutes les autorités concernées serait plutôt focalisée sur l'exploitation, parfois sauvage, des mines d'or dans la rivière Ulindi, qui serpente ce territoire, ainsi que sur l'exploitation de la cassitérite et du coltan, ressources minières abondantes dans cette partie du Maniema.
Cette situation soulève de sérieuses interrogations quant à la présence effective de l'État dans le territoire de Pangi, où l'absence prolongée des cadres territoriaux à leurs postes officiels prive la population d'un encadrement administratif et sanitaire pourtant essentiel, notamment au niveau de l'hôpital Général de Référence, actuellement à l'abandon.
À ce jour, aucune réaction officielle n'a été enregistrée de la part du gouvernorat de la province du Maniema concernant cette situation dénoncée par la société civile locale.
Enzal Balewa, depuis Kindu