Le Parc national de la Maïko fait l'objet d'attaques menées de tout bord, qui mettent en danger plusieurs espèces en voie d'extinction, dont la présence dans cette aire protégée constitue pourtant l'un des principaux atouts de la conservation de la biodiversité en République Démocratique du Congo. En amont, ce sont des braconniers qui s'attaquent aux espèces hautement protégées, notamment à travers le trafic et l'abattage des okapis, des éléphants, des gorilles, des pangolins et d'autres espèces non citées, décimant ainsi progressivement la faune emblématique de ce parc.
En aval, ce sont les services ayant la gestion des cadastres miniers et des titres fonciers qui se livrent à la spoliation de l'espace du parc, en attribuant des titres illégaux à des exploitants chinois pour l'exploitation de minerais, ainsi qu'à des éleveurs présumés Mbororos, ces fermiers qui se livrent à des activités violant dangereusement l'espace délimitant le Parc national de la Maïko, dont la base administrative est située à Lubutu.
Face à cette double menace, la société civile Forces vives de Lubutu lance un cri d'alarme aux autorités de la République Démocratique du Congo, afin de mettre fin à cette dérive foncière qui viole les textes légaux du pays en rapport avec la conservation de la nature.
Joint au téléphone par votre radio, Jean-Pierre Mutoto Mumbere, acteur de la société civile Forces vives de Lubutu, est revenu sur l'ampleur de cette double menace qui pèse sur le Parc national de la Maïko.
« Le Parc national de la Maïko est aujourd'hui attaqué de tout bord. D'un côté, des braconniers s'en prennent aux espèces hautement protégées comme les okapis, les éléphants, les gorilles et les pangolins, à travers le trafic et l'abattage systématique de ces animaux. De l'autre côté, ce sont des services censés protéger l'intégrité territoriale du parc qui, au contraire, attribuent illégalement des titres miniers et fonciers à des exploitants chinois et à des éleveurs présumés Mbororos, qui violent dangereusement les limites de cette aire protégée. Nous lançons un cri d'alarme aux autorités congolaises pour qu'elles mettent fin à cette dérive foncière, qui constitue une violation flagrante des textes légaux de notre pays en matière de conservation de la nature », a déclaré Jean-Pierre Mutoto Mumbere.
La société civile de Lubutu appelle ainsi les autorités compétentes, tant provinciales que nationales, à diligenter des enquêtes approfondies sur ces attributions de titres jugées illégales, et à renforcer la surveillance du Parc national de la Maïko, afin de préserver durablement cette réserve naturelle exceptionnelle et les espèces menacées qui y trouvent refuge.
Enzal Balewa depuis Kindu