Le phénomène du plagiat continue de susciter des préoccupations dans les milieux de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo. À Kindu, dans la province du Maniema, le professeur Demarcin Mawazo Kitenge engage un plaidoyer en faveur du renforcement de l’intégrité académique et appelle les étudiants à privilégier la réflexion personnelle, la recherche et la production scientifique plutôt que le recours systématique au « copier-coller ».
Enseignant dans les établissements de l’Enseignement supérieur et universitaire, ESU, le professeur Demarcin Mawazo Kitenge entend ainsi sensibiliser les étudiants sur les conséquences du plagiat dans leur parcours académique. Il dénonce notamment ce qu’il considère comme une tendance à la facilité intellectuelle, qui conduit certains apprenants à reprendre des travaux existants sans véritable appropriation, analyse ou production personnelle.
Pour cet enseignant, la formation universitaire ne doit pas se limiter à l’accumulation des informations déjà disponibles. Elle doit également permettre à l’étudiant de développer son esprit critique, sa capacité d’analyse et son aptitude à produire une réflexion originale. C’est dans cette perspective qu’il appelle les étudiants à considérer les travaux académiques comme des occasions d’apprentissage et de recherche plutôt que comme de simples exercices à reproduire.
Le professeur Demarcin Mawazo Kitenge met particulièrement en garde contre le recours abusif au « copier-coller », facilité aujourd’hui par l’accès à une importante quantité de contenus disponibles dans les livres, les travaux scientifiques et les ressources numériques. Selon lui, utiliser les sources existantes dans le cadre d’un travail académique doit nécessairement s’accompagner d’une démarche de recherche, de citation et d’analyse personnelle.
« Le véritable travail universitaire exige de l’étudiant qu’il réfléchisse, qu’il cherche, qu’il analyse et qu’il soit capable de défendre ce qu’il produit. Le phénomène du copier-coller ne peut pas remplacer la réflexion personnelle. Lorsqu’un étudiant reprend simplement le travail d’un autre sans le citer correctement ou sans apporter sa propre contribution, il ne développe pas les compétences pour lesquelles il est censé être formé à l’université. Nous devons donc combattre cette facilité intellectuelle et rappeler que l’université est avant tout un espace de recherche, de réflexion et de production du savoir », insiste le professeur Demarcin Mawazo Kitenge.
L’enseignant appelle également les étudiants à prendre conscience des conséquences du plagiat sur la qualité de leur formation et, plus largement, sur la crédibilité des institutions universitaires. Il estime que la responsabilité de préserver l’intégrité académique concerne à la fois les étudiants, les enseignants et les établissements de l’ESU.
Il encourage ainsi les apprenants à développer progressivement leurs propres capacités rédactionnelles et scientifiques, en consultant les sources disponibles sans renoncer à leur contribution personnelle. Pour lui, la recherche universitaire doit permettre de partir des connaissances existantes pour construire une analyse, poser une problématique et proposer une réflexion propre.
« Il faut que l’étudiant comprenne que son passage à l’université doit le transformer en personne capable de penser et de produire. Nous ne sommes pas dans un système où l’on doit simplement prendre les idées des autres pour les présenter comme les siennes. Les sources sont importantes, les ouvrages sont importants, les outils numériques peuvent également être utiles, mais tout cela doit servir la recherche et non remplacer l’intelligence et l’effort de l’étudiant. Nous devons donc restaurer le goût du travail, de la recherche et de l’honnêteté scientifique. C’est à ce prix que nous pouvons former des cadres compétents et crédibles pour notre pays », a déclaré le professeur Demarcin Mawazo Kitenge.
Ce plaidoyer relance ainsi la question de l’intégrité académique dans les établissements d’enseignement supérieur en RDC. Au-delà de la sanction du plagiat, l’enjeu consiste également à renforcer la culture de la recherche et à encourager les étudiants à développer des travaux fondés sur leurs propres analyses, tout en respectant les contributions des auteurs qu’ils consultent.
Le message du professeur Demarcin Mawazo Kitenge s’adresse donc directement aux étudiants de Kindu et, plus largement, aux apprenants des établissements de l’ESU : la réussite académique ne devrait pas être recherchée dans la facilité du « copier-coller », mais dans l’effort, la réflexion, la recherche et le respect des règles de l’intégrité scientifique.
Enzal Balewe, notre permanent de la RTEE à Kindu.