Lomami : des dénonciateurs dont maître Huberton Bukasa sous pression, la société civile alerte sur des menaces de mort à Mwene-Ditu

Lomami : des dénonciateurs dont maître Huberton Bukasa sous pression, la société civile alerte sur des menaces de mort à Mwene-Ditu

Après avoir dénoncé des présumées malversations dans la gestion du marché Dubaï et plusieurs irrégularités dans les travaux publics, des acteurs de la Nouvelle Société Civile Congolaise affirment être la cible d'intimidations et d'une campagne de diffamation.

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Ghislain Lukambo

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La tension monte dans la province de Lomami. La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), coordination provinciale de Lomami, dénonce une série de menaces de mort et d'attaques ciblées contre plusieurs de ses membres, parmi lesquels son coordonnateur provincial, Maître Huberton Bukasa. Ces faits surviennent quelques jours seulement après les révélations publiques faites par cette structure citoyenne sur ce qu'elle qualifie de graves dysfonctionnements dans la gestion de plusieurs dossiers d'intérêt public à Mwene-Ditu.

Dans un entretien accordé à notre média au cours du week-end du 30 mai dernier, les responsables de cette organisation citoyenne ont affirmé être confrontés à un climat d'intimidation grandissant depuis leurs différentes prises de position sur la gouvernance locale. Selon eux, les critiques formulées à l'encontre de certaines pratiques observées dans la deuxième ville de la province de Lomami auraient provoqué des réactions hostiles visant à réduire au silence les voix qui réclament davantage de transparence.

Au cœur des dénonciations figurent notamment la question de la spoliation présumée du marché Dubaï, des travaux publics jugés non conformes aux normes légales en vigueur, plusieurs projets de développement laissés inachevés ainsi que le non-respect du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) par l'entreprise chinoise CREC6 opérant dans la région.

Pour la Nouvelle Société Civile Congolaise, ces dossiers concernent directement les intérêts de la population et méritent d'être examinés avec rigueur par les autorités compétentes. L'organisation estime que son rôle consiste à jouer pleinement sa mission de veille citoyenne et à porter les préoccupations de la population auprès des décideurs.

« Depuis que nous avons commencé à dénoncer certaines irrégularités observées dans la gestion des affaires publiques à Mwene-Ditu, nous sommes confrontés à une série de menaces inquiétantes. Des messages anonymes circulent, des accusations sans fondement sont relayées contre nous et certains de nos membres craignent désormais pour leur sécurité. Nous tenons à préciser que nos démarches ne sont dirigées contre aucune personne en particulier. Nous agissons uniquement dans le cadre de notre mission citoyenne qui consiste à défendre les intérêts de la population et à promouvoir la transparence dans la gestion de la chose publique. Si aujourd'hui dénoncer ce qui paraît contraire à la loi devient un motif de persécution, alors c'est toute la démocratie locale qui est menacée. Nous refusons de céder à la peur et nous continuerons à faire notre travail conformément aux textes légaux de la République », a déclaré Maître Huberton Bukasa.

Selon la structure, les menaces enregistrées ces derniers jours prennent diverses formes, allant de messages intimidants à des campagnes de discrédit visant à ternir l'image de ses responsables. La société civile estime que cette situation constitue une atteinte grave à la liberté d'expression et au droit des citoyens de participer au contrôle de l'action publique.

Les responsables de la NSCC rappellent que leurs dénonciations s'inscrivent dans la dynamique nationale de promotion de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et de la redevabilité des gestionnaires publics. Ils affirment que les révélations faites récemment reposent sur des constats recueillis sur le terrain et sur des préoccupations exprimées par plusieurs habitants de Mwene-Ditu.

« Nous lançons un appel pressant aux autorités provinciales, nationales ainsi qu'aux partenaires engagés dans la défense des droits humains afin que des mesures urgentes soient prises pour garantir la sécurité de tous les acteurs de la société civile. Nous demandons également qu'une attention particulière soit accordée aux questions que nous avons soulevées concernant le marché Dubaï, les travaux publics et les conditions de travail au sein de certaines entreprises. Les intimidations ne doivent jamais remplacer le débat démocratique. Les citoyens ont le droit de demander des comptes sur la gestion des ressources publiques. Nous souhaitons que la lumière soit faite sur toutes les allégations soulevées et que chacun puisse exercer librement son droit d'expression sans craindre pour sa vie ou celle de sa famille », a insisté un responsable de la Nouvelle Société Civile Congolaise de Lomami.

Face à cette situation, la structure citoyenne appelle l'opinion publique locale, nationale et internationale à rester vigilante. Elle sollicite également l'implication des autorités compétentes afin que toute menace contre les défenseurs des droits citoyens fasse l'objet d'enquêtes appropriées.

Alors que le débat sur la gouvernance locale continue de prendre de l'ampleur à Mwene-Ditu, cette affaire relance les préoccupations autour de la protection des acteurs de la société civile et de la nécessité de préserver un espace démocratique où les critiques constructives peuvent être exprimées sans intimidation ni représailles.

Depuis Lomami, Benjamin Lubo Nkongolo

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