La terre qui les nourrit est aujourd'hui source d'inquiétude. Dans le territoire de Luilu, en province de Lomami, des agriculteurs dénoncent depuis plusieurs semaines des pressions liées à des transactions foncières contestées dans des savanes utilisées pour leurs activités agricoles. Majoritairement des femmes, les personnes concernées craignent de perdre l'accès à leurs champs et appellent les autorités à faire la lumière sur la situation.
Ces savanes sont, pour de nombreux ménages ruraux, un espace vital. C'est là que les cultivatrices produisent de quoi nourrir leurs familles et dégager un petit revenu. Voir ces terres faire l'objet de transactions qu'elles contestent est vécu comme une menace directe sur leurs moyens d'existence.
Sur le terrain, le sentiment dominant est celui de l'incertitude. Les personnes concernées disent ne pas comprendre comment des terres qu'elles exploitent depuis longtemps peuvent être cédées, et redoutent de se retrouver du jour au lendemain privées de champs.
« Ces savanes, c'est là que nous cultivons pour nourrir nos enfants. Depuis plusieurs semaines, on nous met la pression à cause de ventes de terres que nous contestons. Nous avons peur de perdre nos champs, et si cela arrive, nous ne saurons plus comment vivre. Nous demandons aux autorités de faire la lumière sur cette affaire et de protéger celles qui travaillent la terre, » une agricultrice de Luilu
L'appel lancé aux autorités est double : faire la lumière sur les transactions contestées et garantir aux agriculteurs, en particulier aux femmes, la sécurité de leur accès à la terre. Pour les cultivatrices, la clarté sur le statut de ces savanes est une condition de la paix sociale et de la sécurité alimentaire dans la zone.
À Luilu, la pression foncière s'ajoute ainsi aux difficultés quotidiennes du monde rural. Dans l'attente d'une réponse des autorités, les agriculteurs continuent de travailler leurs champs, sans garantie pour l'avenir.
Benjamin Lubo, à Lomami