KYONDO : la sécheresse provoque une flambée du prix des légumes et inquiète vendeuses et producteurs

KYONDO : la sécheresse provoque une flambée du prix des légumes et inquiète vendeuses et producteurs

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Ghislain Lukambo

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La sécheresse qui frappe depuis plusieurs semaines la commune de Kyondo, en territoire de Beni, commence à produire des effets visibles sur les marchés locaux. Au marché central de Kyondo, le prix des légumes, notamment des amarantes, connaît une hausse sensible en raison de la baisse de la production agricole provoquée par l'absence prolongée des pluies. Vendeuses et producteurs s'inquiètent de cette situation qui réduit leurs revenus tout en compliquant l'accès des consommateurs à ces produits de première nécessité.

Le constat a été fait ce lundi 29 juin 2026 par notre rédaction au cours d'une ronde effectuée au marché central de Kyondo. Sur les étals, les légumes se font plus rares qu'à l'accoutumée, alors que la demande demeure importante. Plusieurs commerçantes expliquent que cette diminution de l'offre est directement liée aux mauvaises conditions climatiques qui affectent les cultures maraîchères depuis plusieurs semaines. Malgré cette situation, les producteurs poursuivent leurs activités en recourant à l'arrosage manuel afin de sauver une partie de leurs récoltes. Toutefois, cette technique nécessite davantage d'efforts et ne permet pas de compenser totalement les effets de la sécheresse sur les rendements.

Une vendeuse de légumes rencontrée au marché central explique que, si le prix d'achat auprès des cultivateurs reste fixé à 500 francs congolais le tas, la rareté des produits réduit considérablement les bénéfices des commerçantes.

« Beaucoup de personnes pensent que nous gagnons davantage parce que les légumes deviennent rares, mais ce n'est pas la réalité. Nous achetons toujours le tas à 500 francs congolais chez les cultivateurs, mais les quantités disponibles sont très faibles. Les clients trouvent souvent les prix élevés et négocient davantage, alors que nous-mêmes avons du mal à couvrir nos dépenses. Nous remercions les agriculteurs qui continuent à arroser leurs champs malgré les difficultés, mais si la sécheresse persiste, les légumes risquent de devenir encore plus rares sur nos marchés. Nous demandons aux cultivateurs de multiplier les jardins maraîchers et aux services agricoles de les accompagner avec des techniques adaptées afin que la production puisse augmenter même pendant la saison sèche », témoigne-t-elle.

Face à cette situation, les commerçantes invitent les agriculteurs à développer davantage les cultures maraîchères irriguées afin de prévenir une éventuelle pénurie de légumes dans les semaines à venir. Elles estiment également que les agronomes devraient renforcer leur présence sur le terrain pour sensibiliser les producteurs aux pratiques culturales adaptées à la saison sèche, notamment en matière d'irrigation, de conservation de l'humidité des sols et de choix des variétés les plus résistantes.

Selon plusieurs acteurs du secteur agricole, cette hausse des prix constitue un phénomène récurrent durant chaque saison sèche dans cette partie du territoire de Beni. Ils plaident pour des investissements dans des systèmes d'irrigation et un meilleur accompagnement technique des maraîchers afin d'assurer une production régulière tout au long de l'année et de stabiliser les prix sur les marchés locaux.

Asifiwe Kagheni, depuis Kyondo

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