En mission dans le Haut-Katanga, les ministres Julien Paluku Kahongya et Justin Kalumba Mwana Ngongo ont présenté une série de mesures destinées à sécuriser les recettes de l'État, moderniser les infrastructures frontalières et faciliter le commerce transfrontalier. Le Gouvernement de la République démocratique du Congo entend renforcer son contrôle sur les échanges commerciaux aux frontières.
En mission officielle dans la province du Haut-Katanga, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et le ministre de l'Industrie, de l'Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, ont effectué ce mardi 7 juillet 2026 une visite de travail au poste frontalier de Poste frontalier de Kasumbalesa, principal corridor commercial entre la RDC et la Zambie. Cette mission avait pour objectif d'évaluer le fonctionnement des différents services présents à la frontière, d'identifier les difficultés qui affectent les opérations de dédouanement et de présenter les nouvelles orientations du Gouvernement en matière de lutte contre la fraude et de facilitation du commerce.
Au cours de cette visite, Julien Paluku Kahongya a dénoncé plusieurs pratiques qu'il considère comme responsables d'importantes pertes financières pour le Trésor public. Parmi celles-ci figurent notamment le phénomène communément appelé « Bamba roho », les chargements hors gabarit, le système « Bilanga », le fractionnement des cargaisons, la sous-évaluation ainsi que la dénaturation des marchandises importées. Selon le ministre, ces différentes formes de fraude occasionnent chaque année des pertes estimées à près de 2,5 milliards de dollars américains, une situation que le Gouvernement entend désormais combattre avec fermeté.
« Le Gouvernement a pris la ferme décision d'instaurer une politique de tolérance zéro contre toutes les formes de fraude observées à nos frontières. Les pratiques telles que le "Bamba roho", les chargements hors gabarit, le système "Bilanga", le fractionnement ou encore la sous-évaluation des marchandises privent l'État de ressources considérables qui devraient servir au développement de notre pays. Nous demandons à tous les services impliqués dans les opérations frontalières de faire preuve de rigueur, de transparence et de professionnalisme. Chaque opérateur économique devra désormais respecter strictement la réglementation en vigueur afin de garantir une concurrence saine et de protéger les intérêts de la République. », a déclaré Julien Paluku Kahongya.
Au-delà de la lutte contre la fraude, le Gouvernement a annoncé plusieurs projets destinés à moderniser les infrastructures commerciales de Kasumbalesa. Il s'agit notamment de la construction prochaine d'un poste frontalier à arrêt unique, d'un port sec moderne ainsi que de la mise en œuvre du Régime commercial simplifié entre la République démocratique du Congo et la Zambie. Ces réformes visent à accélérer les formalités douanières, améliorer la fluidité des échanges et faciliter les activités des petits commerçants transfrontaliers, tout en renforçant la traçabilité des opérations.
« Notre ambition ne consiste pas uniquement à lutter contre la fraude. Nous voulons également transformer Kasumbalesa en une frontière moderne répondant aux standards internationaux. La construction d'un poste frontalier à arrêt unique, l'installation d'un port sec moderne et la mise en œuvre du Régime commercial simplifié permettront de réduire les délais de dédouanement, de sécuriser les recettes publiques et d'offrir un meilleur environnement aux opérateurs économiques. Ces investissements contribueront à renforcer l'intégration économique régionale et à faire de la RDC un acteur commercial plus compétitif dans la sous-région. », a ajouté le ministre.
La mission gouvernementale s'est achevée par une visite des principales installations du poste frontalier de Kasumbalesa, où les deux ministres ont échangé avec les responsables des différents services impliqués dans la gestion des opérations commerciales. Les autorités espèrent que les réformes annoncées permettront de renforcer la gouvernance aux frontières, d'améliorer la mobilisation des recettes publiques et de soutenir durablement le développement du commerce extérieur de la République démocratique du Congo.
Ghislain Lukambo