Le phénomène communément appelé « Diamanyi », également connu sous le nom d'« intermédiaire », refait surface dans plusieurs marchés de Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental. Cette pratique, dénoncée par de nombreux commerçants et consommateurs, consiste à confier la vente des produits vivriers à des intermédiaires qui s'interposent entre les vendeurs et les acheteurs, avec des conséquences sur les prix et les quantités effectivement livrées aux clients.
Dans les principaux marchés de la ville, plusieurs vendeurs affirment ne plus être autorisés à vendre directement leurs marchandises aux consommateurs. Les transactions sont souvent assurées par ces intermédiaires, qui négocient les prix avec les clients et utilisent leurs propres instruments de mesure pour servir les produits.
Cette situation suscite de nombreuses critiques. Les consommateurs estiment que les quantités reçues ne correspondent pas toujours aux mesures habituelles, tandis que les prix pratiqués connaissent une hausse sensible en raison des marges ajoutées par ces intermédiaires.
« Aujourd'hui, dans plusieurs marchés, le client n'achète plus directement auprès du vendeur. Les intermédiaires prennent le contrôle de la transaction et imposent leurs propres conditions. Cela entraîne souvent une augmentation des prix et une réduction des quantités réellement remises aux acheteurs. Les consommateurs sont les premiers à subir les conséquences de cette pratique. »
Les vendeurs, quant à eux, expliquent que cette situation réduit leur marge de manœuvre dans les négociations avec les clients. Certains affirment être contraints d'accepter la présence de ces intermédiaires, qui contrôlent une partie importante des échanges commerciaux dans plusieurs marchés de la ville. Les acheteurs dénoncent également l'utilisation de mesures qui ne seraient pas uniformes, estimant que cette pratique nuit à la transparence des transactions commerciales. Ils souhaitent un renforcement des contrôles afin de garantir le respect des normes commerciales et de protéger les droits des consommateurs.
Au-delà des préoccupations liées aux prix, plusieurs acteurs de la société civile estiment que cette situation risque d'affaiblir la confiance entre vendeurs et clients et de perturber davantage le fonctionnement des marchés.
« Il est important que les autorités compétentes veillent au respect des règles du commerce. Les vendeurs doivent pouvoir écouler librement leurs produits et les consommateurs doivent bénéficier de mesures fiables ainsi que de prix transparents. Une économie locale saine repose sur des échanges équitables entre les différentes parties. »
Les observateurs appellent les services provinciaux chargés du commerce, de l'économie et de la protection des consommateurs à renforcer les inspections dans les marchés afin d'encadrer les pratiques commerciales et de lutter contre les abus susceptibles de pénaliser les ménages. Ils recommandent notamment une harmonisation des unités de mesure utilisées dans les marchés, un contrôle plus régulier des activités commerciales ainsi qu'une sensibilisation des opérateurs économiques sur le respect des droits des consommateurs.
« Les marchés jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire et dans la vie économique des ménages. Toute pratique qui favorise la spéculation, la manipulation des mesures ou l'augmentation injustifiée des prix doit être examinée avec sérieux. Les autorités ont un rôle important à jouer pour garantir des échanges transparents, protéger les consommateurs et préserver un climat de confiance entre vendeurs et acheteurs. »
Face à la résurgence du phénomène « Diamanyi », vendeurs et consommateurs espèrent une intervention rapide des autorités compétentes afin de rétablir des pratiques commerciales conformes aux règles en vigueur et de préserver le pouvoir d'achat des populations dans les marchés de Mbuji-Mayi.
Franck Mbambi Tshikungwila, depuis Mbuji-Mayi.