Au Kasaï Oriental, le projet de démolition des Cliniques universitaires de Mbujimayi, ancien hôpital général de référence de Dipumba, pour laisser place à de nouvelles infrastructures suscite une vive opposition au sein de la population. De plus en plus de voix s’élèvent contre la destruction de ces bâtiments, alors que le projet est présenté comme une initiative destinée à améliorer les conditions de formation des étudiants et la prise en charge sanitaire de la population. Les syndicats du secteur de la santé ont récemment manifesté devant les installations concernées pour exprimer leur désaccord.
Les opposants au projet ne rejettent toutefois pas la construction de nouveaux bâtiments, mais plaident pour la relocalisation du chantier afin de préserver la continuité des activités médicales et académiques. Les Cliniques universitaires de Mbujimayi, qui occupent le site de l’ancien hôpital général de référence de Dipumba, se retrouvent ainsi au centre d’un débat qui prend de l’ampleur dans la province. Pour plusieurs acteurs, la démolition de ces infrastructures risque de perturber les activités hospitalières et la formation pratique des étudiants en médecine et dans d’autres filières de santé.
Cette opposition s’est notamment manifestée à travers une mobilisation des syndicats du secteur de la santé. Des professionnels ont protesté devant les bâtiments concernés pour demander que le projet soit réexaminé dans sa forme actuelle.
Les acteurs qui contestent la démolition reconnaissent pourtant la nécessité de moderniser les infrastructures sanitaires et universitaires. Leur principale préoccupation porte sur le choix du site et sur les conséquences de la destruction des bâtiments existants.
Ils proposent ainsi que les nouvelles infrastructures soient construites sur un autre espace disponible, avant toute éventuelle démolition des installations actuelles. Cette option permettrait, selon eux, de préserver les soins médicaux et les activités de formation pendant la réalisation du nouveau projet.
Le débat concerne également l’accès aux soins. Les Cliniques universitaires constituent un cadre important pour la prise en charge de nombreux patients, mais aussi pour la formation pratique des étudiants. Leur fermeture ou leur démolition sans solution alternative immédiate pourrait donc entraîner des perturbations dans ces deux secteurs.
Les acteurs de la santé appellent dès lors les autorités à privilégier le dialogue avec les professionnels, les responsables universitaires et les représentants de la communauté afin de dégager une solution acceptable pour toutes les parties.
Le projet de construction de nouvelles infrastructures reste ainsi soutenu dans son principe, mais son mode de réalisation fait l’objet de contestations. Pour les opposants, moderniser les Cliniques universitaires ne doit pas nécessairement passer par la destruction immédiate des bâtiments existants.
La relocalisation du chantier apparaît donc comme la principale alternative proposée par les syndicats et plusieurs acteurs de la société. Elle permettrait de concilier la volonté de modernisation des infrastructures avec la nécessité de maintenir les services de santé et la formation universitaire.
Le dossier reste désormais entre les mains des autorités compétentes, appelées à tenir compte des préoccupations exprimées par les professionnels de santé et la population avant toute opération de démolition.
Franck Mbambi Tshikungwila, Kasaï Oriental