Le lac Munkamba, à la limite entre le Kasaï-Central et le Kasaï-Oriental, est au cœur d'une vive tension, et les réactions se multiplient. Dans une déclaration faite ce lundi 5 octobre 2026 depuis les rives du lac, un jeune de Dimbelenge, Pascal Kabelela, a appelé à la préservation de la paix et de la cohabitation pacifique entre les deux peuples. Il invite en même temps la classe politique à ne pas instrumentaliser ce dossier.

Pour ce jeune originaire de Dimbelenge, les populations riveraines des deux provinces vivent ensemble depuis plusieurs décennies. Cette longue cohabitation, estime-t-il, ne doit pas être mise en péril par des considérations étrangères aux réalités du terrain.
« Nous sommes venus ici, au bord du lac Munkamba, pour lancer un appel à la paix. Depuis des décennies, nos deux peuples vivent ensemble, partagent les mêmes réalités et s'entraident. Nous demandons à tous de préserver cette cohabitation pacifique. Nous disons aussi à la classe politique de ne pas instrumentaliser ce dossier, car la politique ne peut pas nous diviser pour mieux régner. »
Pascal Kabelela s'interroge également sur le moment choisi pour remettre ce dossier sur la table. À ses yeux, il est troublant que cette affaire, qu'il qualifie de vieux dossier, ne soit soulevée qu'à l'occasion du passage du vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, au risque de ressusciter un conflit que beaucoup croyaient apaisé.
« Pourquoi est-ce seulement avec le passage du vice-Premier ministre de l'Intérieur que ce vieux dossier est soulevé ? Pourquoi veut-on ressusciter ce conflit aujourd'hui ? Nous refusons que notre pays, nos villages et nos familles soient les victimes de calculs politiques. Nous voulons vivre en paix, comme nos parents l'ont fait avant nous. »
Cette prise de position s'ajoute aux réactions déjà enregistrées autour du lac Munkamba. Les jeunes des deux côtés de la limite provinciale se disent attachés à la paix et attendent des autorités qu'elles traitent ce dossier avec sérénité.
Soleil Ntumba Mufika, à Kasaï-Central