Kasaï central : la sécurisation des recettes de la DGRKAC au cœur d’une polémique entre un député national et la régie

Kasaï central : la sécurisation des recettes de la DGRKAC au cœur d’une polémique entre un député national et la régie

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Yassin K.

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La sécurisation des recettes publiques fait l’objet d’une vive polémique dans la province du Kasaï Central. Le débat oppose le député national Aldos Tshitoko et le directeur général de la Direction générale des recettes du Kasaï Central, DGRKAC, Lucien Luishiye Kapinga. Au cœur de la controverse : les mécanismes de perception des taxes, notamment ceux appliqués aux conducteurs de motos, ainsi que la nécessité de moderniser le système de collecte des recettes provinciales.

Le député national Aldos Tshitoko alerte notamment sur la vulnérabilité des reçus actuellement utilisés pour le paiement de certaines taxes. Selon lui, ces documents seraient facilement falsifiables et pourraient exposer les motards à des situations de double taxation. Face à ce qu’il considère comme une faiblesse dans le système de sécurisation des recettes, l’élu plaide pour une digitalisation urgente de la DGRKAC, afin de rendre les opérations de perception plus fiables, traçables et transparentes.

« Nous constatons qu’il existe encore des failles dans le système de perception des recettes au Kasaï Central. Lorsque les reçus utilisés pour justifier le paiement des taxes peuvent être facilement falsifiés, cela crée une situation où un contribuable, notamment un motard, peut être amené à payer deux fois la même taxe. Il est donc urgent de moderniser le système et d’aller vers la digitalisation de la DGRKAC pour sécuriser les recettes de la province et protéger les contribuables contre ces pratiques », dénonce Aldos Tshitoko.

Une position à laquelle répond le directeur général de la régie provinciale des recettes, Lucien Luishiye Kapinga. Sans écarter la nécessité de renforcer les mécanismes de sécurisation, le responsable de la DGRKAC évoque notamment les réalités auxquelles la régie est confrontée dans les territoires. Il rappelle que l’absence d’établissements bancaires dans certaines entités rend difficile la mise en place immédiate d’un système de paiement entièrement numérisé sur l’ensemble de la province.

À cette contrainte s’ajoute, selon le directeur général de la DGRKAC, la question du déploiement des équipements destinés à moderniser la collecte. Lucien Luishiye Kapinga cite notamment la société SODIKAT, partenaire technique chargé de fournir les terminaux Pios, dont la livraison tarde encore à se concrétiser.

« La digitalisation est une nécessité, mais il faut aussi tenir compte des réalités de notre province. Dans plusieurs territoires, nous sommes confrontés à l’absence de banques, ce qui complique certaines opérations de collecte et de sécurisation des recettes. Nous travaillons également avec un partenaire technique, la société SODIKAT, qui doit nous fournir des terminaux Pios. Malheureusement, jusqu’à présent, la livraison de ces équipements accuse du retard, ce qui ne nous permet pas encore de déployer partout le dispositif que nous souhaitons », explique Lucien Luishiye Kapinga.

Cette controverse met ainsi en lumière les difficultés liées à la sécurisation et à la modernisation de la collecte des recettes provinciales au Kasaï Central. Alors que le député Aldos Tshitoko insiste sur l’urgence d’une digitalisation capable de limiter les falsifications et les risques de double taxation, la DGRKAC met en avant les contraintes techniques et infrastructurelles qui ralentissent la mise en œuvre de cette réforme.

Au-delà de la polémique, le débat pose la question de la nécessité pour la province de disposer d’un système de perception plus sécurisé, transparent et adapté aux réalités des différentes entités du Kasaï Central, tout en garantissant aux contribuables des moyens fiables de paiement et de justification de leurs obligations fiscales.

 Soleil Ntumba Mufika

Tags : # Actualité # RDC

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