La réorganisation administrative du territoire de Beni franchit une nouvelle étape. Dans un télégramme officiel adressé au gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, Jacquemain Shabani, a demandé la transmission d'un rapport détaillé sur la viabilité de la cité de Kabasha en vue d'y installer le futur chef-lieu du territoire de Beni. Cette démarche fait suite à l'accession d'Oïcha au statut de ville et ouvre le débat sur le choix de la nouvelle capitale administrative du territoire. À Beni, plusieurs acteurs saluent déjà cette initiative, parmi lesquels le notable Maître Achille Kapanga, qui estime que Kabasha présente les meilleures garanties pour accueillir les institutions territoriales.
Selon Maître Achille Kapanga, cette mission d'évaluation constitue une étape décisive dans le processus de réorganisation administrative engagé par le gouvernement. Il invite le gouverneur militaire du Nord-Kivu à accompagner activement cette initiative afin que les études de faisabilité soient réalisées dans les meilleurs délais et que le gouvernement puisse prendre une décision fondée sur des critères objectifs.
« La promotion d'Oïcha au rang de ville impose naturellement au territoire de Beni de se doter d'un nouveau chef-lieu administratif. À notre avis, Kabasha répond largement aux critères requis. Sa position géographique est stratégique, elle est facilement accessible à partir de plusieurs axes du territoire et dispose d'un potentiel important pour accueillir les services administratifs. Nous demandons au gouverneur militaire de faciliter ce processus afin que le rapport attendu par le ministère soit élaboré avec objectivité et dans l'intérêt général de toute la population », a déclaré Maître Achille Kapanga.
Pour ce notable, la désignation de Kabasha ne représenterait pas uniquement un changement administratif. Elle constituerait également une opportunité de développement économique, social et infrastructurel pour cette partie du territoire. L'installation des institutions administratives pourrait favoriser la construction de nouvelles infrastructures publiques, améliorer les services de l'État et stimuler les investissements dans la région. Toutefois, Maître Achille Kapanga insiste sur le fait que cette position ne vise pas à opposer Kabasha aux autres entités susceptibles d'être retenues. Selon lui, le choix final doit reposer sur une analyse technique, prenant en compte la viabilité, l'accessibilité, les perspectives d'aménagement et les intérêts de l'ensemble du territoire de Beni.
« Il ne s'agit pas d'une compétition entre les différentes entités du territoire. Ce que nous recherchons, c'est une décision qui garantisse une administration efficace au service de la population. Si Kabasha est retenue, cela permettra de rapprocher davantage les services publics des citoyens, de renforcer la présence de l'État et d'accélérer le développement local. Nous souhaitons que cette évaluation soit conduite avec transparence et dans le strict respect des critères techniques définis par le ministère de l'Intérieur », a-t-il ajouté.
La demande formulée par le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani intervient dans le cadre des réformes liées à la décentralisation et à la nouvelle configuration administrative du territoire de Beni, consécutive à l'élévation d'Oïcha au statut de ville.
En attendant les conclusions du rapport sollicité auprès du gouverneur militaire du Nord-Kivu, les populations suivent avec intérêt l'évolution de ce dossier, dont l'issue déterminera l'emplacement du futur chef-lieu administratif du territoire de Beni et les perspectives de développement qui en découleront.
Avec Muhindo Degusto