La lutte contre l'impunité demeure une condition essentielle pour le rétablissement de la paix et la restauration de la confiance des victimes dans les institutions judiciaires. À l'occasion de la Journée mondiale de la justice internationale, célébrée ce vendredi 17 juillet 2026, Maître Mangy Panga, activiste au sein de la structure Femme Juriste pour les Droits de la Femme (FJDF), a appelé à la poursuite et à la condamnation des auteurs des crimes les plus graves commis en République démocratique du Congo, estimant que les victimes ont droit à la vérité, à la justice et à une réparation effective.
Intervenant au cours d'un entretien accordé à la RTEE KIVU, la juriste rappelle que la justice pénale internationale intervient lorsque les juridictions nationales ne sont pas en mesure de poursuivre les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité ou de génocide. Selon elle, les nombreux conflits armés qui affectent depuis plusieurs décennies l'Est de la République démocratique du Congo ont engendré de graves violations des droits humains dont les responsables doivent répondre devant la justice.
Pour Maître Mangy Panza, la lutte contre l'impunité constitue un élément indispensable pour prévenir la répétition des atrocités et redonner espoir aux milliers de victimes des violences armées. Elle souligne toutefois que la justice internationale ne peut produire tous ses effets que si elle est accompagnée d'un système judiciaire national indépendant, crédible et suffisamment renforcé pour traiter efficacement les dossiers relevant de sa compétence.
« Les crimes les plus graves ne doivent jamais rester impunis. Les victimes des guerres et des violations des droits humains ont le droit de connaître la vérité et de voir les responsables répondre de leurs actes devant la justice. La justice internationale joue un rôle important, mais elle doit être complétée par une justice nationale indépendante, capable de mener des enquêtes sérieuses, de protéger les victimes et les témoins, et de garantir des réparations appropriées », a déclaré Maître Mangy Panga.
Notre interlocutrice reconnaît que plusieurs victimes parviennent aujourd'hui à saisir les juridictions compétentes en République démocratique du Congo. Cependant, elle estime que les décisions rendues ne répondent pas toujours aux attentes des survivants, notamment en matière de réparation des préjudices subis. Elle insiste ainsi sur la nécessité de renforcer les capacités des institutions judiciaires afin de garantir des procès équitables et accessibles à tous.
Elle évoque également les nombreux défis auxquels reste confrontée la justice pénale internationale. Parmi ceux-ci figurent la lenteur des procédures, les difficultés d'interpellation des personnes recherchées, l'insuffisance de coopération entre certains États ainsi que les faiblesses institutionnelles observées dans plusieurs systèmes judiciaires nationaux.
« Les enquêtes doivent se poursuivre jusqu'à ce que tous les auteurs des crimes répondent de leurs actes. Les victimes attendent non seulement des condamnations, mais aussi la reconnaissance de leurs souffrances, la réparation des dommages subis et des garanties que de tels crimes ne se reproduiront plus. La justice demeure un pilier essentiel de la paix durable et de la réconciliation », a-t-elle ajouté.
Célébrée chaque 17 juillet, la Journée mondiale de la justice internationale commémore l'adoption du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale. Cette journée vise à promouvoir la lutte contre l'impunité, à renforcer le respect du droit international pénal et à rappeler l'importance de garantir aux victimes des crimes les plus graves l'accès à la vérité, à la justice et à des réparations effectives.