La Journée mondiale dédiée aux parents a été célébrée ce lundi 1er juin 2026 dans la ville de Butembo, dans un climat marqué par une forte inquiétude sanitaire liée à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans la région, touchant progressivement plusieurs zones entre l’Ituri et le Nord-Kivu.
Cette célébration intervient à un moment critique : la fin de l’année scolaire approche et la question des vacances des enfants devient un véritable casse-tête pour de nombreuses familles. Entre le besoin de repos des élèves et la peur de l’exposition au virus, les parents se retrouvent face à un dilemme difficile.
Selon le reportage de Light Musonga pour la RTEE KIVU, plusieurs parents disent vivre une période d’angoisse permanente. Certains affirment renforcer les mesures de prévention au sein des ménages, tandis que d’autres envisagent carrément de limiter ou d’annuler les déplacements de leurs enfants pendant les vacances.
« Nous suivons les enfants de très près. Chaque sortie est contrôlée, chaque contact est surveillé. Mais avec Ebola, on ne peut jamais être totalement rassuré », confie un parent interrogé dans la ville.
D’autres témoignages vont encore plus loin, traduisant une peur grandissante face à la propagation de la maladie.
« S’il faut choisir entre les vacances et la sécurité de nos enfants, nous choisissons la sécurité. Nous préférons les garder à la maison plutôt que de risquer leur vie », affirme un autre parent, visiblement inquiet.
Dans ce contexte, Monsieur Philippe Mayani, parent et sociologue, rappelle l’importance des vacances dans le développement de l’enfant, mais insiste sur la nécessité d’une lecture réaliste de la situation sanitaire actuelle.
« Les vacances ont une valeur éducative et psychologique importante pour l’enfant. Mais aujourd’hui, la priorité est ailleurs. Nous devons d’abord protéger la vie avant tout autre considération », explique-t-il.
Il lance également un appel à la responsabilité collective des parents.
« Je demande à tous les parents de faire preuve de prudence. Il ne s’agit pas de paniquer, mais de prendre des décisions responsables pour éviter toute exposition inutile », ajoute-t-il.
Cette Journée mondiale des parents a ainsi pris une dimension particulière cette année, transformant une célébration symbolique en moment de réflexion profonde sur la responsabilité parentale face aux crises sanitaires.