Journée mondiale de la Musique : à Butembo, le reggae de « 12 Poumons » au service de la paix dans l’Est de la RDC

Journée mondiale de la Musique : à Butembo, le reggae de « 12 Poumons » au service de la paix dans l’Est de la RDC

Célébrée chaque 21 juin, la Journée mondiale de la Musique intervient cette année dans un contexte difficile pour les artistes de l’Est de la République démocratique du Congo, confrontés aux défis sécuritaires et sanitaires qui affectent leur travail et leur engagement pour la paix

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Ghislain Lukambo

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Le monde célèbre ce dimanche 21 juin 2026 la Journée mondiale de la Musique. Une occasion de mettre à l’honneur les artistes et leur contribution à la société. Dans l’Est de la République démocratique du Congo, cette célébration revêt cependant une dimension particulière en raison de l’insécurité persistante qui continue de secouer plusieurs localités et qui affecte également le secteur culturel.

À Butembo, la RTEE KIVU est allée à la rencontre de Kasereka Mayani, plus connu sous le nom de scène « 12 Poumons », une figure emblématique du reggae engagée dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Surnommé « Prince du reggae en Afrique centrale », l’artiste affirme que sa musique est avant tout un instrument de sensibilisation et de conscientisation destiné à porter un message de paix au sein des communautés.

« Le reggae est une arme pacifique. À travers mes chansons, je veux transmettre des messages de paix, d’amour et de réconciliation. Notre région a connu beaucoup de souffrances à cause de l’insécurité. En tant qu’artiste, je considère qu’il est de mon devoir d’utiliser ma voix pour appeler à la fin des violences et au retour de la stabilité. J’invite la population à consommer nos œuvres musicales, car chaque chanson que nous produisons est aussi un cri de paix et un message d’espoir pour notre communauté », a déclaré Kasereka Mayani alias « 12 Poumons ».

L’artiste reconnaît néanmoins que les musiciens de l’Est de la RDC évoluent dans un environnement particulièrement difficile. Les défis sécuritaires, les déplacements des populations et les crises sanitaires constituent, selon lui, de véritables obstacles à l’épanouissement de la culture et à la diffusion des messages de paix portés par les artistes.

« Nous faisons face à de nombreux défis. L’insécurité limite les activités culturelles, réduit les espaces d’expression artistique et décourage parfois la production musicale. Les difficultés économiques et certaines crises sanitaires compliquent également notre travail. Pourtant, malgré toutes ces contraintes, nous continuons de chanter pour la paix parce que nous croyons que la musique peut contribuer à changer les mentalités et à rapprocher les communautés. Les artistes ont un rôle important à jouer dans la construction de la paix », a-t-il ajouté.

Instituée en 1982, la Fête de la Musique est célébrée chaque 21 juin et met les artistes à l’honneur dans l’espace public à travers des concerts et diverses manifestations culturelles. Elle ne doit pas être confondue avec la Journée internationale de la musique, célébrée le 1er octobre sous l’égide de l’UNESCO.

À Butembo comme ailleurs dans l’Est de la RDC, cette journée rappelle ainsi que la musique demeure un puissant vecteur de paix, de résilience et de cohésion sociale, même dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires et humanitaires.

Babacar Vikwa depuis Butembo

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