Journée internationale de la traduction : à Butembo, le chef de travaux Karongo Pantaléon rappelle qu'une bonne traduction ne se limite pas à remplacer des mots

Journée internationale de la traduction : à Butembo, le chef de travaux Karongo Pantaléon rappelle qu'une bonne traduction ne se limite pas à remplacer des mots

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Esperanza Sindani

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La traduction joue un rôle important dans la communication, car elle permet de rendre accessibles des informations dans deux langues ou plus. Elle facilite notamment l'accès aux messages politiques, culturels, écologiques et à ceux d'autres domaines de la société. C'est le message du chef de travaux Karongo Pantaléon, enseignant à l'Institut supérieur pédagogique (ISP) de Muhangi, dans une interview accordée à la RTEE Kivu, ce mercredi 30 septembre 2026, à l'occasion de la Journée internationale de la traduction.

Pour l'enseignant, la traduction est avant tout un pont entre les communautés. Elle permet à un message conçu dans une langue d'atteindre des publics qui ne la comprennent pas, et contribue ainsi à la circulation des idées, des savoirs et des informations d'utilité publique.

« La traduction est un outil essentiel de communication. Grâce à elle, un message politique, culturel ou écologique, qui aurait pu rester inaccessible à ceux qui ne parlent pas la langue d'origine, devient compréhensible pour le plus grand nombre. Elle rapproche les peuples et donne à chacun la possibilité d'accéder à l'information, quelle que soit la langue qu'il maîtrise », a expliqué le chef de travaux Karongo.

Il souligne toutefois que cet exercice peut poser certaines difficultés, notamment lorsque le traducteur ne maîtrise pas suffisamment les deux langues concernées. Selon lui, chaque langue possède son propre statut sociolinguistique, ce qui oblige le traducteur à comprendre le contexte dans lequel le message est énoncé.

« Chaque langue a son statut sociolinguistique, c'est-à-dire sa place et son usage dans la société. Le traducteur ne peut pas se contenter de connaître le vocabulaire. Il doit comprendre qui parle, à qui, dans quelle situation et avec quelle intention. Sans cela, le risque est de trahir le message, voire de lui faire dire autre chose que ce que son auteur voulait exprimer », a-t-il poursuivi.

L'enseignant de l'ISP Muhangi précise également que chaque langue a sa propre structure, en particulier sur le plan de la syntaxe, c'est-à-dire de la manière d'organiser les mots et les phrases. Traduire mot à mot, prévient-il, aboutit souvent à des phrases maladroites ou incompréhensibles. Il recommande dès lors aux traducteurs de développer de solides compétences linguistiques et sociolinguistiques afin de transmettre fidèlement le sens du message.

« Une phrase bien construite dans une langue peut devenir confuse dans une autre si l'on ne respecte pas la structure de chacune. C'est pourquoi je conseille aux traducteurs de travailler continuellement leurs compétences, tant sur le plan linguistique que sociolinguistique. C'est ce qui garantit la fidélité au sens du message », a-t-il recommandé.

Pour le chef de travaux Karongo, une bonne traduction ne consiste donc pas seulement à remplacer les mots d'une langue par ceux d'une autre. Elle suppose de comprendre le contexte et les réalités sociolinguistiques qui entourent le message. « Traduire, c'est transmettre du sens, pas seulement des mots. Le bon traducteur est celui qui comprend le contexte et les réalités qui entourent le message, et qui parvient à les restituer dans l'autre langue avec justesse », a-t-il conclu.

Célébrée chaque année le 30 septembre, la Journée internationale de la traduction est l'occasion de rappeler le rôle de ce métier dans un pays multilingue comme la République démocratique du Congo, où l'accès à l'information dans les langues comprises par les populations reste un enjeu de communication et de cohésion.

Esperanza Sindani

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

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