Des décennies de conflits armés, des déplacements massifs de populations et une paix toujours difficile à consolider : dans l’Est de la République démocratique du Congo, la Journée internationale de la paix, célébrée ce 21 septembre 2026, intervient dans un contexte où la recherche d’une stabilité durable reste un défi majeur. Alors que cette journée est placée sous le thème « Investir dans la paix : pour tous, partout et chaque jour », quelles leçons tirer de cette longue quête de paix ? Pour le journaliste et chercheur en matière de défense et de sécurité Azarias Mokonzi, la réponse passe notamment par un examen des causes profondes de l’instabilité et par une refondation de la gouvernance.
Dans une région confrontée depuis plusieurs décennies à des cycles de violences et d’instabilité, la paix demeure l’une des principales aspirations des populations. Pour Azarias Mokonzi, cette journée constitue une occasion de réfléchir aux facteurs qui continuent de compromettre l’instauration d’une paix durable dans l’Est du pays. Il cite notamment la mauvaise gouvernance et l’impunité, qu’il inscrit dans une trajectoire historique dont les effets se prolongent jusqu’à aujourd’hui.
« La Journée internationale de la paix doit nous amener à aller au-delà des simples déclarations et à nous interroger sur les causes profondes des conflits qui persistent dans l’Est de la RDC. Nous avons connu plusieurs décennies de violences, avec des déplacements de populations et des conséquences importantes sur la vie des communautés. Parmi les problèmes qui doivent être examinés, il y a notamment la question de la gouvernance et celle de l’impunité. Il faut comprendre comment ces difficultés se sont installées dans le temps et comment elles continuent d’affaiblir l’État et de favoriser l’instabilité », explique Azarias Mokonzi.
Pour sortir de ce cycle, le chercheur plaide pour une refondation de l’État fondée sur la bonne gouvernance, la responsabilité des dirigeants et une véritable prise de conscience des autorités. Il estime toutefois que la construction de la paix ne peut pas reposer uniquement sur les institutions publiques. La population doit également, selon lui, prendre sa part dans la consolidation de la cohésion nationale.
« Pour parvenir à une paix durable, nous devons réfléchir à une véritable refondation de l’État, avec une gouvernance qui donne davantage de place à la responsabilité, à la redevabilité et au respect des règles. Mais l’État n’est pas le seul acteur de la paix. Les citoyens ont également une responsabilité importante. Nous devons développer l’amour de la patrie, le sens de la responsabilité citoyenne et comprendre que chacun peut contribuer, à son niveau, à la construction d’une société plus pacifique. La paix ne peut pas être uniquement un discours : elle doit se traduire par des engagements et des actions concrètes et durables », insiste Azarias Mokonzi.
Dans l’Est de la RDC, où les populations continuent de faire face aux conséquences des conflits et de l’instabilité, cette Journée internationale de la paix rappelle ainsi l’importance d’une réponse qui s’attaque aux causes profondes des crises et qui implique à la fois les institutions, les communautés et les citoyens.
Degusto Muhindo depuis Butembo