Journée internationale de la femme africaine : à Oïcha, l’historien Kambale Kambere Milo revient sur la place centrale de la femme dans l’histoire et le développement des sociétés africaines

Journée internationale de la femme africaine : à Oïcha, l’historien Kambale Kambere Milo revient sur la place centrale de la femme dans l’histoire et le développement des sociétés africaines

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Ghislain Lukambo

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Célébrée chaque 31 juillet, la Journée internationale de la femme africaine constitue un moment de réflexion sur la contribution des femmes africaines à la construction des sociétés, à la transmission des valeurs culturelles et aux différents combats menés pour la reconnaissance de leurs droits. À Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, au Nord-Kivu, l’historien Kambale Kambere Milo a saisi cette occasion pour rappeler que la femme africaine a toujours occupé une place importante dans l’organisation sociale, économique et culturelle du continent. Dans son analyse, il souligne que loin d’être limitée au cadre familial, la femme demeure depuis des générations une actrice majeure du développement et de la stabilité des communautés.

Intervenant au micro de la rédaction de votre radio à l’occasion de cette journée commémorative, l’historien Kambale Kambere Milo a d’abord replacé la femme africaine dans son contexte historique. Selon lui, les sociétés africaines traditionnelles reconnaissaient déjà le rôle fondamental de la femme dans plusieurs domaines de la vie communautaire.

Il explique que la femme participait à la production agricole, à l’éducation des enfants, à la transmission des coutumes et à la préservation de l’identité culturelle des peuples. Elle constituait également un élément essentiel dans la recherche de la paix et dans la résolution des conflits au sein des communautés.

« Lorsqu’on étudie l’histoire des sociétés africaines, on découvre que la femme n’a jamais été absente des grands processus de construction communautaire. Elle était au centre de la famille, de l’éducation, de l’économie et de la conservation des valeurs culturelles. La femme était celle qui transmettait les connaissances aux nouvelles générations et qui contribuait à maintenir l’équilibre social. Même si les réalités ont évolué avec le temps, son importance demeure toujours aussi grande dans nos sociétés actuelles. », a expliqué l’historien Kambale Kambere Milo.

Pour cet historien, la célébration de la Journée internationale de la femme africaine doit être comprise comme une invitation à reconnaître davantage les efforts consentis quotidiennement par les femmes dans différents secteurs, notamment l’agriculture, le commerce, l’éducation, la santé et la gouvernance.

Il estime toutefois que plusieurs défis continuent de freiner l’épanouissement complet de la femme africaine. Parmi ces défis figurent notamment les violences basées sur le genre, les difficultés d’accès à l’éducation, les inégalités économiques ainsi que la faible représentation des femmes dans certains espaces de prise de décision. Kambale Kambere Milo appelle ainsi les familles et les autorités à renforcer les initiatives visant à offrir aux femmes et aux jeunes filles davantage d’opportunités afin qu’elles puissent contribuer pleinement au développement de leurs communautés.

« Honorer la femme africaine ne doit pas seulement se limiter aux discours ou aux cérémonies. Il faut poser des actes concrets pour améliorer ses conditions de vie. Une femme éduquée, protégée et valorisée devient une force pour toute la société. Les communautés qui investissent dans leurs femmes préparent un avenir meilleur pour leurs enfants et pour les générations futures. La femme doit être considérée comme une partenaire incontournable dans la construction de la paix et du développement. », a ajouté Kambale Kambere Milo.

L’historien rappelle également que dans le contexte particulier de l’Est de la République démocratique du Congo, marqué par des crises sécuritaires répétées, les femmes jouent un rôle important dans la résilience des familles et des communautés affectées par les violences.

À travers cette journée, plusieurs acteurs appellent donc à une meilleure reconnaissance du rôle des femmes africaines et à la mise en place d’actions concrètes pour garantir leur participation pleine et entière dans les processus sociaux, économiques et politiques.

Depuis son institution, la Journée internationale de la femme africaine reste un cadre destiné à célébrer les réalisations des femmes du continent, mais aussi à rappeler les efforts qui restent nécessaires pour parvenir à une société africaine plus égalitaire et inclusive.

Jadot KYEYA, depuis Oïcha.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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